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LE’H LE’HA 5771

« D. dit à Avram : Vas pour toi [hors] de ta terre, de l’endroit où tu es né, de la maison de ton père vers la terre que je te montrerai »
Berechit 12,1

Après les échecs que les hommes ont générés depuis la création du monde (la faute de Adam et ‘Hava, la génération du déluge, celle de la Tour de Babel), un homme apparaît dans la Paracha de cette semaine. C’est un homme hors du commun, c’est Avraham (Nous l’appellerons ainsi, bien qu’au début de la paracha, il soit nommé Avram).
Cet homme est doublement exceptionnel :
- D’une part, grâce à son intelligence et à son discernement il parvient à comprendre que le monde a forcément un Créateur. Il va de ce fait rejeter et combattre l’idolâtrie.

- D’autre part, il comprend, contrairement à la génération de la Tour de Babel, que D. a créé le monde et ne s’en est pas déchargé. Avraham comprend, qu’en faisant de la place au Créateur, parmi les hommes, le Créateur se révèle. Et c’est ce qui se passe.
Avraham notre père, notre ancêtre, la source de notre peuple, a le mérite que D. le choisisse, pour faire passer Son message.
Avraham se soumet entièrement, d’une foi complète au Créateur, et c’est cela aussi sa grandeur. Même, si les ordres qu’il reçoit ne sont pas compatibles avec la logique humaine, il se soumet, et applique la volonté de D.

La guemara Avoda Zara, à la page 14b, nous apprend que Avraham, notre père, disposait d’un traité (masse’het) traitant de l’idolâtrie (Avoda Zara) qui contenait 400 chapitres.

Alors que notre traité Avoda Zara comporte 5 chapitres, celui d’Avraham, en comportait 400 !

En clair, le monde était rempli d’idolâtrie, et il fallait de nombreux chapitres pour en expliquer les détails, pour savoir ce qui est considéré comme idolâtrie, avec les conséquences au niveau de la loi : Comment faire pour s’éloigner à 180° de ce fourvoiement ?

De nos jours, l’idolâtrie a largement reculé, et c’est sûrement grâce à l’action de notre père Avraham, qui a grandement diffusé son message, celui de La vérité.

Mais pourquoi a-t-on eu besoin d’Avraham pour cela ? Pourquoi D. ne détruit-il pas lui-même les idoles ?

Cette question a été posée par les anciens de Rome (non juifs) à nos sages. On la retrouve dans une michna à la page 54b de la Guemara Avoda Zara :

Si D. ne veut pas que l’on soit idolâtres, pourquoi ne détruit-Il pas les idoles ?

Nos sages ont donné plusieurs réponses (Avoda Zara 54b et 55a) :

1. D. devrait-il détruire le monde parce que des idiots servent le Soleil et la Lune ?!! Et même si D. détruisait toutes les idoles qui n’ont aucun rôle (statues, …) alors les idiots diraient que si le soleil n’a pas été détruit, c’est parce que c’est lui le vrai dieu !

2. D. a créé les lois de la nature… et l’intervention divine, contre ces lois, est limitée au maximum… Nos sages disent, « le monde a son propre fonctionnement ». Et les idiots qui se sont trompés et sont tombés dans l’idolâtrie rendront des comptes dans le monde futur !

3. Raban Gamliel a donné une illustration à ce sujet. Le fils unique d’un Roi a décidé d’attribuer à son chien le nom de son père. Chaque fois que le prince appellait son chien, il hurlait le nom du Roi, et le chien accourait. Chaque foi que le prince jurait, il jurait par le nom du chien donc de son père, et maudissait ainsi son père.
Raban Gamliel demande : Qui le Roi va-t-il punir ? le prince, ou le chien ?
De façon parallèle, il faut punir les idolâtres et pas les idoles.

Un philosophe, n’a pas pu supporter la comparaison de Raban Gamliel : « Comment oses-tu comparer l’idolâtrie à un chien ? Tu vois bien que nos idoles sont efficaces, et nous exaucent ! »

Rabbi Aquiva a donné aussi un exemple pour faire comprendre ce paradoxe : certaines fois l’idolâtrie semble fonctionner :

Dans une ville il y avait un banquier, chez qui tout le monde déposait de l’argent avec une confiance totale : chacun déposait les fonds, sans témoins !
En revanche, un suspicieux venait déposer ses fonds, accompagné de témoins. Une fois, le suspicieux, fit un dépôt, sans témoins. La femme du banquier dit à son mari : « il est suspicieux, ne lui rendons pas son dépôt ».
Le banquier répondit : « est-ce parce que cet idiot se comporte mal, que nous allons perdre notre réputation ? ».
De même les épreuves, viennent chez les hommes pour des périodes déterminées. Si au jour où la guérison était prévue, l’idiot éprouvé se rend devant une idole, il va croire que c’est l’idole qui l’a sauvé !
Or D. a fixé un décret, des épreuves, les lois de la nature… faudrait-il tout changer pour que l’idiot ne croit pas dans des bêtises ?

L’homme a son libre arbitre… et c’est à lui d’être intelligent pour distinguer le vrai du faux !

Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN, www.limud.net
D’après Guemara Avoda Zara 54b et 55a, Editions Sotenschtein