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לימוד תורה
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‘HOUQAT 5771

"Le peuple parla contre D et Moshé : pourquoi vous nous avez fait monter d’Egypte pour mourir dans le désert…"
(BEMIDBAR 21,5)

Cette semaine nous lisons la paracha Balaq.
‘Houqat nous présente la vache rousse. Le principe est clairement énoncé. Si quelqu’un s’est impurifié au contact d’un mort, il devra se purifier le troisième et le septième jour (après le contact avec le mort), par une eau qui contient des cendres de la vache rousse qui a été sacrifiée.

Mais cette paracha contient aussi l’épisode « des eaux de la querelle ». En effet, les Bné Israel se plaignent de ne plus avoir d’eau, car le puits de Myriam a disparu avec sa mort. D. demande donc à Moshé de prendre son bâton et de parler au rocher. Or Moshé prend son bâton et frappe le rocher à 2 reprises pour que l’eau sorte.
Moshé sera puni et n’entrera pas en Israel. Il fallait parler au rocher, et non pas le frapper.

A la fin de la paracha, les Bné Israel se révoltent à nouveau contre la manne, le manque d’eau … c’est à ce moment que l’on trouve le verset en entête : "Le peuple parla contre D et Moshé : pourquoi vous nous avez fait monter d’Egypte pour mourir dans le désert…" (BEMIDBAR 21,5)

La guemara Sanhédrine, (Péreq ‘Heleq), après avoir présenté la dispute de Qora’h et de ses acolytes, nous présente la gravité de se disputer avec son Maître.
Ainsi dans Sanhédrine 110a, on trouve Rabi ‘Hama bar Rabbi ‘Hanina qui nous dit : celui qui crée une dispute avec son Rav, c’est comme s’il créé une dispute avec la Présence divine.
Rabbi Abaou dit : celui qui fait des reproches à son Rav, c’est comme s’il faisait des reproches à la présence divine. D’où le sait-on ? du verset en entête : « Le peuple parla contre D. et Moshé ». D. et Moshé sont mis sur le même plan dans le verset.

Nous apprenons donc de cette guemara qu’il faut fuir les disputes et les différends avec son Rav. Mais, que se passe-t-il si le Rav se dispute avec un autre Rav ?
Si son propre Rav prend, pour des raisons qui lui sont propres, une position diamétralement opposée à celle d’un autre Rav, que doit-on faire ? Suivre son Rav, et donc se couper d’une partie du peuple, ou s’opposer à son Rav ?
Ce genre de situation est courant après le décès d’un grand Rav, unanimement reconnu … la succession peut poser problème… Et subitement des proches se déchirent, des érudits, des hommes de Torah se dénigrent mutuellement.

Que faut-il donc faire ? Si on lit la guemara citée plus haut, à la lettre, il semblerait qu’il faille suive son Rav, et donc choisir son camp : en quelque sorte intensifier la scission.

Pourtant, et c’est une question que je soumettrai aussi probablement à mon Rav ( !), je ne pense pas que l’obéissance aveugle à son Rav, dans un tel cas, soit la panacée.

C’est clair, il est toujours plus facile, d’éviter de réfléchir, de suivre aveuglément un maître à penser… Mais ce n’est pas cela le judaïsme. Respecter son Rav, c’est évident … mais cela ne doit pas m’empêcher de faire fonctionner mon esprit critique. Sinon, à quoi servirait-il d’étudier la guemara, lieu de joutes intellectuelles intenses, si c’est pour m’interdire de penser.

En résumé, en permanence je dois tenter d’être un homme, d’exister … je dois m’efforcer de penser, de réfléchir, de prendre mes responsabilités.

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN

www.limud.net

D’après Guemara Sanhédrine 110a