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לימוד תורה
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BALAQ 5771

« D. a dit à Bilaam : ne vas pas avec eux [pour maudire] …. » (Bamidbar 22,12)

BALAQ, c'est le nom du roi de Moav qui avait décidé de s'en prendre aux Bné Israel, dans le désert. Cependant, il avait remarqué que la manière forte ne fonctionne pas, puisque les Bné Israel gagnaient leurs guerres de manière surnaturelle.
Balaq décide donc de demander de l'aide à Bilaam, qui est un prophète des nations, et qui va être chargé de maudire les Bné Israel.
Mais Bilaam échouera dans sa mission : il ne parviendra pas à maudire les Bné Israel, au contraire, il les bénira.

A la lecture de cette paracha, on peut légitimement être inquiet. Comment est-il possible que la Torah apporte tellement d’importance à la malédiction prononcée par un impie ? La magie existe-t-elle ? y-a-t-il des forces occultes dans les paroles prononcées par Bilaam ?

Pour mieux comprendre le mot malédiction (kelala), je vous propose d’analyser ce même mot utilisé dans la Guemara Baba Metsia, page 75 b.

Rav Yehouda dit au nom de Rav, celui qui prête de l’argent sans témoin, enfreint l’interdit « devant l’aveugle tu ne placeras pas d’embuches » (Vayiqra 19,14).
En effet, le contrat de prêt n’est pas un contrat win-win, un contrat coopératif. Donc, s’il n’y a pas de contrat, l’emprunteur peut être tenté de nier ses obligations.

Rech Laqich dit que celui qui prête sans témoins s’attire des malédictions.

On peut comprendre que le mot « malédiction » est ici synonyme de problèmes. Celui qui prête sans témoins, se crée des problèmes, il risque de perdre de l’argent, de perdre du temps ….

Rachi explique que celui qui prête sans témoin s’attirera la malédiction des autres, car si le prêteur commence à réclamer son dû, l’emprunteur niera. Les gens critiqueront le prêteur qui n’est en fait « qu’un menteur », puisqu’il accuse sans preuve le gentil emprunteur. C’est parole contre parole … mais les gens prendront la défense de la gentille victime présumée (l’emprunteur), et critiqueront le méchant prêteur menteur.

La malédiction représente donc ici toutes les critiques, la mauvaise renommée dont va pâtir l’emprunteur.

Il semble donc que le mot malédiction ici n’a rien de commun avec la magie, ou l’irrationnel. Et c’est plutôt rassurant. Il est bon de rappeler que nous ne sommes pas des enfants qui obéissent à leurs parents par peur de la punition… Nous ne sommes pas des esclaves qui obéissons par peur du bâton.

La malédiction, au sens sorcellerie, magie, recette de cuisine n’existe pas. Nous devons nous comporter comme des êtres humains, fidèles à nos valeurs parce que nous sommes convaincus que c’est juste. Nous devons accepter la Torah et ses lois, uniquement parce que c’est juste.

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN

www.limud.net

D’après Guemara Baba Metsia 75b, et une discussion avec un ami