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לימוד תורה
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Mass’é 5771

« Vous arrangerez pour vous des villes, des villes de refuge elles seront pour vous ; et s’y enfuira la meurtrier, celui qui a frappé une personne par inadvertance. » (BAMIDBAR 35, 11).

Avant tout je souhaite corriger le commentaire envoyé la semaine dernière. Par inadvertance, j’ai écrit que la guemara citéé était Nedarim, en fait, c’est à la page 109 de la guemara Yebamot, que l’on trouve le passage de la guemara que j’ai commenté. Désolé pour l’erreur.
La paracha Massé présente les différentes étapes des Bné Israel dans le désert. Et à chaque fois la Torah précise un point de départ et un point d’arrivée, qui se transforme en point de départ … etc.
Puis la Torah présente le cadeau que D. donne à son peuple : la Terre d’Israel. Celle-ci sera répartie entre les 12 tribus. Mais, 48 villes seront données aux Léviim. De même la paracha nous demande de prévoir aussi des villes refuges (pour les meurtriers qui ont tué sans intention de tuer et sans négligence). Le verset en entête est celui qui introduit le sujet des villes refuges.
Le 2è chapitre de la guemara Makot, présente les lois des villes refuge et des meurtriers qui y seront accueillis. A la page 7a de Makot, on trouve la michna « Voici ceux qui se rendront dans les villes refuges, … celui qui tue par inadvertance … ».

Voici quelques éléments qui nous permettront de comprendre le fonctionnement de cette loi.

Toute société est fondée sur la Justice. Et la justice doit être rendue par une entité / un corps reconnu de tous. En effet, s’il n’y a pas de justice publique, l’individu est tenté de rendre la justice lui-même, et l’on peut entrer ensuite dans un cercle vicieux de vengeances interminables. Certaines sociétés qui fonctionnent sur le mode tribal sont encore le théâtre de telles vengeances meurtrières.

La Torah ne veut pas de ce type de fonctionnement stupide, elle a donc prévu une justice et des peines pour la plupart des crimes et délits.

Le meurtrier qui tue intentionnellement doit être condamné à mort (s’il y a des témoins). Cette peine est essentiellement dissuasive. En effet, à partir de la fin du second Temple (il y a plus de 2000 ans), nous n’appliquons plus cette peine, car « le nombre de meurtrier avait trop augmenté ».

Celui qui tue sans intention de tuer doit dans certaines conditions aller s’exiler dans les villes refuges.

Le second chapitre de la Guemara Makot nous explique qu’il existe 3 types de meurtrier par inadvertance :
1. Chogueg : celui qui a tué sans intention, mais qui a commis une négligence. Cette personne est punie, et doit s’exiler. Ainsi, celui qui descend d’une échelle, et qui tombe sur quelqu’un et le tue, mérite l’exil. En effet, on sait très bien que descendre d’une échelle est dangereux. Celui qui tombe a commis une négligence. Il est puni d’exil. Dans la ville refuge, il sera en sécurité, aucun vengeur, héritier de la victime, ne pourra porter atteinte à sa vie.

2. Oness : le cas de force majeure. Celui qui tue quelqu’un sans avoir commis de négligence et qui n’a rien à se reprocher, n’est pas puni d’exil. Personne n’a le droit de se venger de ce meurtrier. Ainsi, celui qui monte sur une échelle et qui tombe et tue, n’est pas responsable. Monter sur une échelle et bien moins dangereux que descendre.

3. Qarov Le mezid : presque intentionnel. Le meurtrier a été clairement négligent. Il est fautif, mais n’avait pas l’intention de tuer. Ce meurtrier n’a pas à partir en ville d’exil… en revanche, il vit avec une épée de Damoclès sur la tête. En effet, l’héritier de la victime a le droit de le tuer.

Voilà comment la Torah a souhaité interrompre le cycle de la vengeance, ou au moins le réglementer.

Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN, www.limud.net

D’après :
Guemara Makot 7a, editions Sotenschtein, + introduction du chapitre.