- Paramètres:
Page
Normal
Plain layout without fancy styles
Font
Normal
Large fonts
Very large fonts
Colour
Normal
Restful colour scheme
Light text on a dark background
לימוד תורה
Skip to top of page

‘Haye Sarah 5772

Le Ilouy Nichmat Yaaqov Cohen Ben Zahara
«Avraham lui [à Eliezer] répondit : Garde toi d’amener mon fils là bas »
Berechit 24,6

Le début de la paracha ‘Haye Sarah est consacré à l’achat du terrain de Ma’hpela par Avraham (il veut enterrer Sarah). Ce lieu, est celui où Adam et ‘Hava sont enterrés, et c’est aussi celui où reposent : Avraham et Sarah, Yts’haq et Rivka, Yaaqov et Léa.
Puis la paracha présente le passage où Avraham charge son serviteur, Eliezer, d’aller chercher une épouse pour son fils Yts’haq.

Le passage du « chidou’h » d’ Ytsh’aq occupe une large place dans la paracha de la semaine. En effet, la Torah raconte l’histoire en détail. D’abord l’ordre de mission, Avraham donne ses consignes à Eliezer pour ne pas se tromper sur le choix de l’épouse.
Puis Eliezer va chercher la future épouse Rivka. La Torah n’hésite à répéter le passage de la rencontre. La première fois c’est la prière d’ Eliezer, puis le « live » la rencontre près du puits. Enfin, c’est lorsqu’ Eliezer raconte la rencontre à la famille de Rivka.

Pourquoi tant de répétitions ?

Abrabanel remarque qu’ Eliezer n’a pas exactement répété à la famille de Rivka (Bétouel, Lavane) le discours prononcé par Avraham. Abrabanel relève 8 différences entre l’ordre de mission, et ce qui le message qui sera délivré à la belle-famille.
En fait, les différences sont peut être même plus nombreuses que les 8 citées par Abrabanel.

En voici une :
Avraham demande à Eliezer de ne surtout pas amener son fils dans ce pays étranger d’où vient Rivka. On a : «Avraham lui [à Eliezer] répondit : Garde toi d’amener mon fils là bas » Berechit 24,6.
Or lorsqu’ Eliezer présente à la belle famille la nécessité de ramener la jeune fille, il ne cite pas « la menace d’ Avraham ». Eliezer préfère dire que s’il ne parvient pas à ramener la jeune fille Avraham lui aurait dit « tu seras libéré de ton serment » Berechit 24,41.

Eliezer change donc le message d’ Avraham. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ Eliezer veut réussir sa mission, et ne veut pas dévoiler à quel point Avraham n’estime pas cette famille d’idolâtres. Eliezer ne veut pas dire qu’ Avraham refuserait à tout prix d’envoyer son fils chez la belle-famille.
Eliezer adapte donc le discours pour convaincre la famille du bien fondé du mariage.

En lisant la paracha, on comprend donc que ce mariage arraché fut une mission difficile à accomplir.
De même au début de la paracha Avraham s’est battu pour trouver un terrain pour enterrer sa femme.

Or à la fin de la paracha de la semaine dernière on a lu l’épisode de la ligature d’ Ytsh’aq Comment comprendre qu’un homme aussi proche de D. qu’ Avraham aura du mal pour enterrer sa femme ou pour marier son fils ?
Avraham ne connaissait-il pas une recette miracle (une segoula, comme on dit de nos jours) pour marier sa fille. Si de nos jours, on nous dit qu’en achetant un Talit miraculeux, ou en allant prier sur la tombe d’un certain juste, alors on se marie facilement, Avraham, n’avait-il pas un truc, pour marier son fils ?

Peut-être que la Torah veut nous faire comprendre ici un fondement du judaïsme, qui est présenté par ailleurs par Emmanuel Levinas (Difficile Liberté, Chapitre « Aimer la Thora plus que D.ieu ») :
« Un Dieu d’adulte se manifeste précisément par le vide du ciel enfantin. Moment où Dieu se retire du monde et se voile la face. »
Etre adulte ce n’est donc pas ressentir D., et vouloir son intervention miraculeuse. Etre adulte, c’est tenter de comprendre, que D. existe, même s’Il semble absent.

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN
www.limud.net

D’après Hagot be Parachiot Hatorah.