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Vayetse 5772

Le Ilouy Nichmat Yaaqov Cohen Ben 'Hayim

« Il [Lavane] dit : que te donnerai-je ? Yaaqov dit : Tu ne me donneras rien. Je vais de nouveau faire paître ton troupeau, je le garderai. Je vais passer dans tout ton bétail, … et ce sera mon salaire. »
Berechit (30, 31-32)

Le début de la Paracha Vayetse présente le départ de Yaaqov de Beer Sheva vers ‘Haran. Il fuit Esaw, et suit le conseil de ses parents : aller chez Lavane, le frère de sa mère, (à ‘Haran) afin d’épouser une de ses filles. Rappelons que Yaaqov voulait épouser Ra’hel, mais par la tromperie de Lavan, il se maria d’abord avec l’aînée à savoir Léa. C’est chez Lavane que naîtront les enfants de Yaaqov, les tribus d’Israel (sauf Binyamin).

Après avoir travaillé pour « payer » les épouses, qui sont les filles de Lavane, Yaaqov voudra travailler pour lui. Il propose donc un partage dans lequel il aura la propriété du bétail qui naîtra et qui sera « pointillé et tacheté parmi les chèvres et roux parmi les moutons » (Rashi sur le verset en entête).

En clair Yaaqov garde les troupeaux de Lavane, et il possèdera une partie des fruits (les naissances) de ces troupeaux.

Nous avons une michna dans le Traité Baba Metsia, page 70b, qui nous dit qu’il est interdit de recevoir un troupeau de « bétail de fer » (Tsone barzel) d’un juif.
Le tsone barzel, c’est un accord commercial, qui transfère la responsabilité sur celui qui reçoit le dépôt.
A titre d’exemple Reuven confie un troupeau de 50 animaux à Chim’one pour 2 ans. A l’échéance, Chim’one devra rendre le troupeau (ou sa valeur marchande à l’origine). Les bénéfices, les petits animaux qui sont nés, seront partagés.
En résumé, Réuven apporte le capital, Chim’one fait travailler le capital, et assume tous les risques sur ce capital. C’est un investissement à risque nul pour Reuven. Tout se passe comme si c’est un prêt d’argent que l’on rembourse deux ans plus tard avec des intérêts. C’est interdit car cela ressemble à un prêt à intérêt.

Cet enseignement est donc énoncé dans une michna de la guemara Baba Metsia. Ce même enseignement est repris dans la guemara Be’horote, à la page16b (c’est la guemara qui est étudiée en ce moment dans le cycle du Daf Hayomi).

Cet interdit du tsone barzel, est en soi, novateur : cela ressemble à du prête à intérêt, donc on l’interdit. Toutefois, au regard de la michna précédente dans Baba Metsia 68a, le ‘hidouch, l’aspect innovant de cette loi semble peu clair.

En effet, à la page 68a, on trouve : il est interdit de confier une affaire à un commerçant et partager les recettes. Concrètement, on ne peut pas laisser chez un commerçant de la marchandise en « dépôt-vente » et partager le bénéfice.
Exemple : Reuven dépose chez Chim’one 100 kg de tomates. Prix de revient 0.6 €/kilo, prix de vente 1€/kilo.
Si tout est vendu, chacun gagnera 20€.
Tout se passe comme si, Chim’one avait emprunté 50kg de tomates (dont il a la responsabilité) et qu’il vendra au prix déterminé, et qui généreront 20 € de bénéfice. Et tout se passe comme si les 50 kg restant, étaient en dépôt chez Chim’one, et qu’il va les vendre pour Reuven, et lui remettre le bénéfice de 20.
En résumé, Chim’one a emprunté et va donc rembourser. Mais en plus il rend un service à Reuven, sur les 50 kg en dépôt qu’il va vendre. Ce service est perçu comme un intérêt déguisé.
Ce type de contrat est donc interdit, sauf, si Chim’one est rémunéré pour les 50kg en dépôt, qu’il va vendre.

A la page 68a de Baba Metsia, on nous dit qu’il est interdit de faire une telle affaire car le commerçant emprunteur (Chim’one) a la responsabilité sur la moitié du capital, à plus forte raison que si Chim’one assume les responsabilités sur la totalité du capital (michna 70b) cela doit être interdit !

Le nimouké Yossef répond qu’il y a des aspects novateurs dans les 2 enseignements.

En effet, dans le cas du commerçant (68a), j’ai un moyen d’autoriser l’opération : je rémunère Chim’one pour la vente de la partie en dépôt. En revanche, pour le cas du troupeau, dont on partagera les naissances (70b), il n’y a aucune possibilité d’autoriser un tel accord commercial.

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN
www.limud.net

D’après Guemara Baba Metsia 68a et 70b, editions Sotenschtein.