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לימוד תורה
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Vayichla’h 5772

« C’est pour cela que les enfants d’Israel ne mangeront pas le nerf sciatique … »
Berechit (32,33)

Au début de la Paracha Vayichla’h, Yaaqov se prépare à retrouver son frère Esaw. Rappelons la façon dont ils s’étaient séparés dans la paracha Toledot : Esaw voulait tuer son frère Yaaqov suite à l’épisode de la bénédiction d’Isaac.
Mais avant ceci, Yaaqov va affronter l’ange de Esaw. Yaaqov fait passer sa famille de l’autre côté du fleuve, mais lui retourne sur ses pas. Il reste donc seul, la nuit, sur une des rives du fleuve. C’est là qu’il va vaincre l’ange. Nos Maîtres ont expliqué que l’homme dont parle la Torah est en fait l’ange de Esaw.
L’ange frappera néanmoins Yaaqov à la hanche, et la Torah nous dit (verset en entête) que « C’est pour cela que les enfants d’Israel ne mangeront pas le nerf sciatique … »

La guemara ‘Houline traite de la cacheroute des animaux. Bien évidemment, elle parle de la Che’hita, la façon avec laquelle on doit abattre ces animaux pour pouvoir ensuite les consommer. Le 7è chapitre de cette guemara traite du nerf sciatique.
La michna, au bas de la page 93b nous dit qu’un homme a le droit d’envoyer une cuisse d’un animal (un veau par exemple) à un gentil (non-juif), même si le nerf sciatique est encore l’intérieur du morceau de viande.
En effet, la michna nous dit qu’on ne craint pas que le non-juif aille revendre cette viande à un juif, car on remarque facilement l’endroit de ce nerf, et le fait que le morceau n’ait pas été nettoyé du nerf sciatique.

Afin de comprendre cette michna, il faut avoir à l’esprit, qu’en particulier au niveau de la cacheroute alimentaire, nous avons de nos jours accepté, des ‘houmerotes (des interdits supplémentaires), que l’on ne connaissait pas à l’époque.
Ex. : de nos jours, rares sont les bouchers qui nettoient le nerf sciatique. Par conséquent, toute la partie arrière de la bête est vendue aux gentils.
D’autre part, on n’envisagerait pas aujourd’hui le fait d’acheter sa viande chez un non-juif.

En clair, la société de consommation aidant, nous avons accepté des « lois pour les riches ». L’accès à la viande étant plus facile, on a multiplié les interdits.

La guemara précise l’intention de la michna : une cuisse entière, OUI [on peut la donner à un non-juif], mais un morceau de cette cuisse NON : de peur que ce morceau soit revendu à un juif, et comme c’est un morceau, il ne remarquera pas la présence du nerf sciatique.

La guemara demande indirectement : comment peut-on craindre d’acheter de la viande chez un non-juif ?
En effet, si la michna parle d’une ville où, lorsqu’une bête s’est avérée Tréfa (par exemple malade des poumons) après l’avoir abattue, la population n’est pas informée. Alors dans cette ville on ne peut pas acheter sa viande chez un non-juif !
Donc dans une telle ville, on devrait avoir le droit de vendre à un non juif des morceaux de cuisses : même si le nerf sciatique n’est pas reconnaissable, ce n’est pas grave, puis que l’on n’achète jamais de viande à un gentil. On ne comprend donc pas la michna.

Si l’on parle d’une ville où la population est informée, après l’abattage d’une bête tréfa, alors, même une cuisse entière, on n’aurait pas le droit de la vendre à un non-juif ? Qui nous dit que le non-juif ne va pas couper la cuisse en morceaux et la revendre à un juif ?
On ne comprend donc pas la michna.

La guemara donne plusieurs réponses que je vous invite à consulter (‘Houline 93b et 94).

En voici une.

On peut très bien considérer que nous sommes dans une ville où la population n’est pas informée après l’abattage d’une bête tréfa. Par conséquent, les juifs y ont l’interdiction d’acheter de la viande chez les gentils. Alors pourquoi est-il interdit de vendre, échanger, ou donner des morceaux de cuisses à un non juif ?
Car c’est abuser de lui. Le gentil pourrait croire que le juif s’est fatigué à nettoyer le morceau du nerf sciatique, pour lui proposer des morceaux prêts à être mangés, même pour un juif. Le gentil serait reconnaissant envers le juif, sans que ce soit justifié. Et cela c’est interdit. Il est interdit (bien évidemment de voler les biens) et mais aussi la confiance de l’autre. Que l’autre soit juif ou non-juif, je n’ai pas à lui faire croire des sornettes.

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN
www.limud.net

D’après Guemara ‘Houline 93b et 94, editions Sotenschtein.

Le Ilouy Nichmat Yaaqov Ben ‘Hayim Hacohen