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לימוד תורה
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VAYECHEV 5769

« Elle [Tamar] enleva ses vêtements de veuvage de sur elle, elle se couvrit d’un voile, s’en enveloppa, et s’assit au carrefour qui est sur le chemin de Timna. Car elle avait vu que Chélah avait grandi et qu’elle ne lui avait pas été donnée comme femme.»
Berechit (38,14).

La paracha de la semaine nous rapporte le triste épisode de la vente de Yossef par ses frères. Ces derniers étaient convaincus d’être dans le vrai. Ils avaient jugé Yossef, et l’avaient condamné.

Yehouda a une grande part de responsabilité dans cette vente. Reuven voulait venir sortir Yossef du puit dans lequel on l’avait jeté. Mais c’est Yehouda qui va proposer de vendre Yossef.

La Torah interrompt l’histoire de la vente de Yossef pour nous raconter celle de Tamar, là encore le « mauvais rôle » est joué par Yehouda.

Yehouda choisit Tamar pour la marier à son fils ‘Er. Ce dernier se comportait mal aux yeux de D.
D. le fait donc mourir.

Yehouda demande à son fils Onane de se marier avec Tamar (le lévirat = Yiboum = se marier avec la femme du frère décédé si ce dernier n’avait pas d’enfant). Onane se comporte mal aussi.
D. le fait aussi mourir.
Rashi explique que ces deux frères ne voulaient pas avoir d’enfant de Tamar. Ils détruisaient leur semence.

Yehouda demande à Tamar, après la mort de son 2è fils, de rentrer chez elle, et d’attendre que son 3è fils, Chela, grandisse.
En réalité, Yehouda, ne voulait pas donner Tamar à Chela. Il avait peur de perdre son 3è fils.

Voyant que Yehouda avait failli à sa promesse de lui donner Chela, Tamar, va mettre en place un stratagème pour « s’offrir à Yehouda ».

Le verset en entête dit que Tamar s’est assise au « carrefour des chemins » = « Bepeta’h Haénaim ».

Rabi Chmouel Bar Na’hmani, explique dans la guemara Sota 10a, cette expression (car Enaim au sens propre = yeux).
Rabbi Chmouel Bar Na’hmani dit que Tamar a donné des yeux à ses réponses.
= Lorsque Yehouda a voulu aller avec elle, Tamar a su répondre pour lever tous les doutes de Yehouda.

Yehouda dit à Tamar : Peut-être es-tu étrangère ?
Elle répondit : je suis une convertie.

Le Maharcha explique que bien que la Torah n’ait pas encore été donnée, Avraham a appliquée toute la Torah. Yehouda veut donc savoir si Tamar est idolâtre, elle répond qu’elle est convertie et non idolâtre.

Yehouda demande : peut être es-tu une femme mariée ?
Elle répond : non je suis libre.

Yehouda demande : Peut être que ton père t’avais mariée, étant petite.
Elle répond : je suis orpheline de père.

Mais, a priori cette question de Yehouda n’a pas de sens. On sait bien (Guemara Yebamot 22a), qu’un converti est considéré comme un nouveau né … son père n’a donc pas le pouvoir de la marier !
A cela on répond que si son père s’est converti en même temps qu’elle, il reste dans une certaine mesure des liens entre eux. Et peut-être qu’il aurait le pouvoir de la marier.

Autre explication : Tamar, ne s’est pas convertie, ce sont ses parents qui se sont convertis. Alors pourquoi dit-elle que c’est une convertie ? Parce qu’il y a un avis dans la guemara Kidouchin 71a, que l’enfant de convertis s’appelle aussi converti.

Mais, il reste encore une autre question :
Yehouda ne sait pas qu’il a sa belle fille en face de lui. Mais, Tamar sait que Yehouda est son beau père. Or, la Torah interdit de se marier avec la femme de son fils, même lorsque le fils est décédé !

En fait, lorsque Tamar a dit qu’elle est orpheline de père, elle a donné la clé du problème. Ce sont ses frères et sa mère qui l’ont marié à ‘Er le fils de Yehouda. Selon la Torah, ce n’est donc pas un mariage puisque c’est la fille quand elle est adulte, ou le père, lorsque la fille est petite qui ont le pouvoir de contracter un vrai mariage.
[La guemara Kidouchin explique que même si c’est un droit, il est déconseillé au père de marier sa fille quand elle est petite].

Dans le cas de Tamar, il n’y a donc pas eu mariage avec les enfants de Yehouda ! Tamar a donc le droit de s’offrir (en mariage) à Yehouda.

D’autres commentateurs expliquent qu’avant le Don de la Torah, la mitswa de Yiboum (Lévirat, voir plus haut) reposait sur les frères du défunt, mais aussi sur le père du défunt. Dans ce cas, Tamar était dans son droit, en essayant de se marier à Yehouda.

Une fois de plus, on comprend que sans la Torah Orale, on ne comprend rien à la Torah écrite. C’est l’Etude de la guemara qui nous permet de comprendre la légitimité du mariage entre Yehouda et Tamar.

Dimanche soir prochain, nous commencerons à fêter ‘Hanouca.

Les Grecs, à l’époque de ‘hanoukka ont voulu petit à petit nous faire oublier la Torah.. D’ailleurs Yavan = Grèce s’écrit Youd, Vav Noun. (= un petit trait, puis un trait moyen et enfin un long trait).

Progressivement ils ont voulu enlever au peuple juif son caractère juif. Progressivement ils ont voulu mettre à mort la Torah. Les Grecs voulaient qu’on étudie la Torah comme une science à côté des autres sciences, mais il ne fallait surtout pas appliquer la Torah.

A ‘Hanoukka, nous prenons le chemin inverse. Progressivement, nous ajoutons des lumières. Petit à petit nous progressons.

‘Hanoukka nous montre donc le chemin pour s’améliorer. Il faut en faire chaque jour un peu plus ! Etudier et appliquer !

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN

D’après Guemara Sota 10a
Editions Sotenschtein