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לימוד תורה
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BECHALA’H 5769

« Et ce sera, le 6è jour, ils prépareront ce qu’ils auront apporté, et ce sera le double que ce qu’ils auront ramassé chaque jour.»
Chemot (16,5).

Après la sortie d’Egypte, nous vivons cette semaine la traversée de la Mer des Joncs.

C'est dans la Paracha Bechala'h que Pharaon regrette d'avoir laissé sortir les Bné Israel d'Egypte. Il les poursuit donc avec son armée, jusqu'à la Mer des Joncs. La mer s'ouvre, les Bné Israel passent à pieds secs, les égyptiens les suivent et sont engloutis. La fin de la paracha présente la manne qui tombe chaque jour de la semaine, sauf le chabbat.

La guemara Betsa est le traité qui traite de Yom Tov, les jours de fêtes (comme le premier et le dernier jour de Pessa’h ou de Soucot, Chavouot ou Roch Achana).

Le première michna du traité nous dit qu’un oeuf (= Betsa) qui est pondu un jour de yom tov, Bet Chamay disent qu’il est permis de le consommer le jour même, alors que Bet Hillel disent que c’est interdit.

La guemara essaie de comprendre de quel cas parle la Michna. Elle repousse l’idée que l’on puisse parler d’une poule destinée à être mangée… sinon, il n’y aurait pas eu de raison d’interdire la consommation de l’oeuf.

Puis Rav Na’hman dit que l’on parle d’une poule pondeuse (et non destinée à être consommée)… mais dans ce cas là la position de Bet Chamay devient difficilement compréhensible. Est-ce que cela signifierait que Beth Chamay ne reconnaissent pas le principe de Mouktse ?

Raba propose donc d’expliquer la michna de la façon suivante : on parle d’une poule destinée à être consommée. Donc l’oeuf qui en provient n’est pas mouktse. En effet, c’est une nourriture qui arrive Yom Tov, mais qu’on avait prévue. Cette nourriture n’est pas hors jeu pour Yom Tov, on y avait pensé auparavant. Le problème est que la michna parle d’un Yom Tov qui tombe dimanche, donc le lendemain de chabbat. L’oeuf pondu Yom Tov a été préparé la veille (dans le ventre de la poule).
Raba connaît ce principe de ha’hana (préparation) grâce au verset en entête. « Et ce sera le 6è jour, ils prépareront ce qu’ils auront apporté… ». On apprend donc que l’on prépare la veille ce que l’on doit manger le jour du chabbat.

Raba explique qu’un jour de semaine on prépare pour Yom Tov ou pour Chabbat, mais, un jour de chabbat on ne peut pas préparer pour Yom Tov qui suit. De même, Yom Tov ne prépare pas pour Chabbat. Raba utilise le fait que l’on sait que l’on peut appeler Yom Tov « Chabbat ». On le sait de Vayikra (23.11), où l’on parle du premier jour de Pessa’h, et on le nomme Chabbat.

Rashi explique que le principe de Ha’hana de Raba se fonde sur celui de mouktse. En effet, la nourriture non préparée à l’avance pour Yom Tov est mouktse. Comme le chabbat qui précède Yom Tov n’est pas un temps approprié pour la préparation (principe tiré du verset en entête), alors la nourriture garde son statut de mouktse. Selon Rashi, Raba pense donc que le principe de mouktse est un commandement de la Torah.

Le Rachba et d’autres richonim, pensent que le principe de ha’hana de Raba est indépendant de mouktse. Il existe une loi supplémentaire, c’est qu’il faut préparer avant ce que l’on va consommer pendant Yom Tov. Raba, explique donc que Beth Hillel, interdit la consommation d’un oeuf pondu le Yom Tov qui suit Chabat car il a été préparé pendant Chabat (interdit de la Torah).

Mais Rashi va demander à Rachba, si on interdit pendant Yom Tov un oeuf préparé (dans le ventre de la poule) pendant chabbat, à plus forte raison que l’on doit interdire un jour de semaine, un oeuf préparé pendant Chabbat. Alors, comment se fait-il que l’on puisse consommer un oeuf pondu un dimanche ?

Première piste de réponse : faire le lien avec mouktsé qui n’existe pas en semaine… Cette piste va dans le sens de Rashi qui lie l’interdit de ha’hana à mouktse.

Deuxième piste : un repas de semaine, n’est pas important (par rapport à un repas de chabbat ou de fête) donc on n’a pas à le préparer la veille. C’est pourquoi, même une préparation faite (sans intervention humaine, comme la préparation de l’oeuf dans le ventre de la poule) un chabbat pour un jour de semaine ne s’appelle pas une préparation interdite.

Le verset en entête est donc riche en conséquence. Sans la Loi Orale, on n’aurait pas pu le comprendre.
Lorsqu’une fête suit ou le chabbat, un problème se pose…
On ne peut rien préparer pour le lendemain … même poser la table le chabbat pour le dimanche, c’est interdit. C’est une Ha’hana interdite

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN

D’après Guemara Betsa 2a et b
Editions Sotenschtein