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לימוד תורה
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VAYE’HI 5770

« Ils [les frères] ordonnèrent de dire à Yossef, ton père a ordonné avant sa mort en disant : Ainsi vous parlerez à Yossef, je t’en prie, pardonne la faute de tes frères….»
Berechit (50,16-17).

La paracha de la semaine conclut le livre de Béréchit. Le peuple des enfants d’Israel (Yaaqov) est à présent une entité à part entière, bien que résidant en Egypte.
Yaaqov, le troisième patriarche bénit, dans notre paracha, ses enfants, les 12 tribus, avant de rejoindre le monde de la Vérité.

La guemara Yebamot 65b, nous rapporte au nom de Rabbi Aleazar, fils de Rabbi Chim’one qu’il est permis de changer la vérité pour préserver la paix. Comme, il est dit (verset en entête) « ton père a ordonné »…

En effet, à la mort de Yaaqov, les frères sont mal à l’aise. Ils ont l’impression que Yossef veut à présent se venger de sa vente par les frères. Maintenant que Yaaqov est mort, Yossef aurait les mains libres pour punir les frères.

Les frères inventent donc une histoire, et font dire à Yaaqov qu’il a laissé un message en héritage : Yossef doit pardonner à ses frères.

Pourtant, c’est étonnant, il est écrit dans Chemot 23,7 « D’une parole/chose de mensonge, tu dois t’éloigner » !

Le Arou’h Laner, explique qu l’on peut comprendre l’épisode, sans qu’il y ait de mensonge.

Les frères chargent un émissaire de dire «ton père a ordonné avant sa mort », ce qui est vrai, puisque l’on a « Yaaqov finit d’ordonner à ses enfants… » Berechit (49,33). Puis l’émissaire continue, mais, désormais il cite les frères : « Ainsi vous parlerez à Yossef, je t’en prie, pardonne la faute de tes frères….»

Il n’y a donc pas de mensonge évident, juste une présentation d’éléments, qui peut mener à une compréhension erronée. C’est ce que la guemara nomme « changer » la vérité. La guemara ne dit pas que l’on peut mentir, on peut juste changer la présentation des choses, sans dire de mensonge, si c’est pour préserver la paix entre les hommes.

D’ailleurs dans la guemara Baba Metsia 23b et 24a, on présente d’autres cas pour lesquels il est permis de faire comprendre à quelqu’un autre chose que la vérité :

- par modestie : on n’est pas obliger par exemple de dire que l’on connaît toute la guemara si on nous le demande (si c’est vrai…, j’aimerais bien un jour être obligé d’appliquer cette hala’ha !)
- par pudeur : une femme qui va au mikvé, pourrait dire qu’elle est allée à la piscine, par exemple, si on lui demande où est-elle sortie ?
- pour empêcher son prochain de perdre de l’argent

En clair, les cas où l’on peut laisser croire à son prochain des faits non vrais sont vraiment limités… il est donc conseillé de demander conseil à son Rav, avant de dire de telles paroles.
CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN

D’après Guemara Yebamot 65b,
Editions Sotenschtein