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לימוד תורה
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MICHPATIM 5770

« Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de mon peuple, au pauvre qui est avec toi, ne sois pas pour lui comme un créancier… »
Chemot 22, 25

La Paracha Michpatim présente essentiellement des mitswot « sociales » qui régissent les relations entre l’homme et son prochain.
De la même façon que les 10 paroles (les 10 commandements, dans la Paracha précédente, YITRO) proviennent du Mont Sinaï, lieu de La Révélation, les lois sociales sont aussi issues du Mont Sinaï (Rachi).

A propos du verset en entête, Rashi nous rapporte les paroles de Rabbi Ychmael : chaque fois que la Torah utilise le mot « si », cela signifie que cela introduit une condition (c’est facultatif), sauf pour 3 exceptions pour lesquelles on utilise « si » et c’est une obligation. Le verset en entête fait partie de ces exceptions, c’est une obligation : il faut prêter de l’argent au pauvre.

La Torah nous expose un cadre pour que la société fonctionne. Il faut prêter. En effet, en prêtant on crée de l’argent. En terme économique, on dirait « il y a augmentation de la masse monétaire ». Lorsque que M. X prête de l’argent, il remet une somme d’argent à M. Y. En échange, M. X a en sa possession un contrat, une reconnaissance de dette. Ce papier vaut de l’argent, il y a eu création monétaire.

Et nos sages ont tout fait pour que le crédit se développe, tout en protégeant les prêteurs. A titre d’exemple, ils ont légiféré sur la possibilité de revendre un titre de créance, ils ont légiféré sur les garants, … Les sages du Talmud ont quasiment pensé à tout !

Dans la guemara Baba Batra, au dernier chapitre, à partir de la page 160a, on présente les lois relatives à la présentation (la forme) d’un contrat. Ils ont tenté de mettre en place un système qui limite la fraude.

Il y a un contenu, un résumé à la fin, puis les signatures des témoins.
La guemara a expliqué ce qu’il faut faire en cas de ratures, ou même lorsque le contrat a été écrit sur un papier « recyclé » (déjà effacé).

La guemara nous aussi dit qu’il ne faut pas laisser plus d’une ligne blanche entre la fin du texte et les signatures. En effet, on pourrait couper le haut du contrat, et réécrire un contrat de 2 lignes avec des signatures en dessous !

A la page 167a, la guemara rapporte une histoire :

Un collecteur d’impôt (un juif) s’est présenté à Abayé (l’un des maîtres de la génération).
Le percepteur lui a demandé : « est-ce que le Rav peut me fournir un modèle de sa signature ? Ainsi, lorsque des rabanim se présenteront à moi, avec une attestation de rav, signée de Abayé, je pourrais les exempter de payer la taxe. »
En effet, à l’époque, les talmidé ‘ha’hamim étaient exonérés d’impôts !
Le percepteur présenta à Abayé un parchemin. Abayé commença à vouloir signer en haut de la page, mais le percepteur tirait la page pour que Abayé signe plus vers le bas.
Abayé l’arrête et lui dit : les ‘ha’hamim ont devancé des roublards comme toi !

En effet, il y a une loi : lorsque l’on signe pour donner un modèle de signature, il faut signer en haut de page. Ce cas de figure se présente lorsqu’un tribunal veut authentifier une signature, ou dans d’autres cas comme pour l’histoire de Abayé.
En effet, en signant au milieu ou en bas de page, le détenteur de ce papier peut très bien écrire ce qu’il veut au dessus, au détriment du signataire !

Abayé avait compris le manège du percepteur, il n’a pas oublié de signer en haut de la feuille ! Nos sages ont pensé à tout !

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN

D’après :
Baba Batra 167a, Editions Sotenschtein