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לימוד תורה
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Chavouot puis Nasso 5770

" "[A propos du Nazir] … et il [le cohen] fera expiation pour lui [le nazir] de ce qu’il a fauté par un mort… »
(Bamidbar 6,11).

Cette semaine, nous fêterons à partir de Mardi soir, la fête de Chavouot. Nous célébrons La Révélation, le don de la Torah.

Après la libération physique à Pessa’h, nous devons progresser pour atteindre la libération morale, 50 jours plus tard, à Chavouot.

Nos maîtres nous demande d’ailleurs de nous préparer. C’est pourquoi, chaque chabbat, entre pessa’h et chavouot, nous avons lu un chapitre des Pirqé Avot, Les Maximes des Pères. C’est un traité de la michna, un peu original, puisqu’il parle des midotes, des traits de caractères. La michna nous explique quelles sont les midotes à fuir et quelles sont les midotes à acquérir.

pour comprendre et vivre la Torah, il faut d’abord être quelqu’un de bien, quelqu’un qui sait dompter sa nature pour acquérir un bon caractère, de bonnes midotes, selon la voie explicitée par les Pirqé Avot.

Dans le même esprit, le Michné Torah, l’oeuvre du Rambam, dans laquelle il tranche la hala’ha, commence dans l’ordre suivant :
1. Les lois sur les fondements de la Torah (l’unicité de D., l’amour de D., la crainte de D., écouter les prophètes…)
2. Les lois sur les Déote, essentiellement les traits de caractères.
3. Les lois de l’étude de la Torah.

Avant donc l’étude de la Torah, le Rambam présente dont les lois sur les traits de caractères, sur la façon de se comporter pour être un homme bien. C’est la condition sine qua non pour pouvoir étudier et vivre la Torah.

Dans les lois sur les déotes, le Rambam présente la nécessité d’aller dans le juste milieu. Il faut s’éloigner des excès, et tenter, au niveau de son caractère, d’atteindre la voie médiane.
Par exemple, entre l’envie de toujours manger, de pousser ce plaisir toujours plus loin d’une part, et l’ascétisme d’autre part, il faut trouver le juste milieu.

Toutefois, se mortifier physiquement, explique le Rambam, est préjudiciable, tout comme l’autre excès, être dirigé par ses envies.
Ainsi, au début du chapitre 3 des lois de Déotes, le Rambam écrit :

« Peut-être qu’un homme va dire que puisque les envies, la recherche des honneurs sont une mauvaise voie, et abrègent la vie de l’homme, alors, je vais m’éloigner de ces défauts à 180°. Se priver de viande ou de vin, ne pas se marier, ne pas habiter dans une belle maison, ne pas porter de beaux habits … c’est aussi une mauvaise voie. Et celui qui avance dans ce chemin s’appelle un fauteur.
D’ailleurs à propos du nazir, il est écrit « et il [le cohen] fera expiation pour lui ». Et nos sages ont dit : si déjà le nazir qui ne s’est privé que de vin doit expier sa faute, alors celui qui se prive des autres éléments cités (viande, maison, vêtements…) à plus forte raison qu’il doit expier ses fautes ! ».

En fait, le Rambam, à propos du Nazir, rapporte ici la position de Rabbi Eliezar Hakapar. (Guemara Nazir 19b) Ce dernier explique le verset en entête, extrait de la Paracha Nasso, que l’on lira chabbat prochain.

La paracha Nasso présente de nombreux sujets :
- Le compte des Léviim
- Le traitement des personnes impures (Zav ou tsaraat)
- Ce que l’on doit faire si quelqu’un a commis un détournement en profitant d’un objet consacré au service divin
- La femme sota qui est soupçonnée car elle s’est isolée avec un autre homme que son mari
- Le nazir, celui qui fait un certain vœu pour se rapprocher de son Créateur (ne pas consommer de produits de la vigne, ne pas s’impurifier, ne pas se raser/couper les cheveux).
- La bénédiction de Cohanim
- L’inauguration du Michkan (Temple du désert), et les princes des tribus qui apportent pendant 12 jours 12 offrandes identiques.

Le verset en entête parle du nazir qui s’est impurifié, sans le vouloir, et qui doit apporter une expiation.

Rabbi Eliezar Hakapar. (Guemara Nazir 19b) explique que la faute du nazir qui génère l’expiation ne peut pas être de s’être impurifié. En effet, il ne l’a pas fait intentionnellement.

Si le nazir a fauté c’est donc qu’il s’est mortifié, il s’est privé de vin pendant une certaine période. Et même s’il s’est rapproché de D., il a malgré tout fauté et doit une expier sa faute.

Le Rambam rappelle donc cette position dans ses hala’hotes pour nous faire savoir que l’on doit fuir les excès et rechercher le juste milieu.

Puissions-nous réussir, car ainsi, nous pourrons vraiment recevoir la Torah, l’étudier et la vivre.

‘Hag Same’ah - Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN, www.limud.net

D’après :
Guemara Nazir 19b, editions Sotenschtein
Michné Torah, Hala’hot Déotes, Chap 3