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CHELA'H LE'HA 5770

" Car c’est la parole de D. qu’il a méprisée, et son commandement il a violé, que soit retranchée [hikaret, tikaret = répétiton] cette personne, qui portera sa faute ."
(BEMIDBAR 15,31)

La Paracha CHELA'H LE'HA présente le tristement célèbre épisode des explorateurs. Les Bné Israel ont demandé de visiter la Terre d'Israel avant d'y entrer. Moché nomme donc les plus éminentes personnalités (un représentant par tribu). Il bénit Yehochoua. Les explorateurs partent en Israel et reviennent avec de terribles nouvelles.

A la fin de la paracha, on trouve un passage qui explique les lois du prélévement de la ‘Hala, puis des lois pour celui qui faute par inadvertance ou intentionnellement.

C’est à ce stade, dans la paracha, que l’on trouve le verset en entête.

Le dernier chapitre de la guemara Sanhédrine, présente tous ceux qui ont le droit au monde futur, et ceux qui n’y ont pas le droit.

Selon le Rambam, le monde futur exposé dans ce chapitre, est le monde des âmes, après la mort. Le Ramban (avec un « n ») et d’autres commentateurs richonimes pensent que le monde futur exposé par les sages de la guemara fait référence au monde que l’on connaîtra après la résurrection des morts.

La guemara Sanhédrine 99a tente chercher à quelle faute fait référence « " Car c’est la parole de D. qu’il a méprisée » du verset en entête.

Le verset termine par Hikaret, Tikaret, un double retranchement. Ce qui signifie que la faute est grave : elle entraîne la double peine, peine de mort dans ce monde ci (Karet), et pas de part au monde futur.

Le premier avis apporté, c’est que l’on présente celui qui dit que la Torah n’est pas divine, mais que c’est Moshé qui a tout inventé. C’est « mépriser la parole de D. ».

La guemara apporte ensuite un second avis, celui qui n’a pas de part dans le monde futur, c’est celui qui est « Apikorosse ».
A la page 99b de Sanhédrine, on définit l’Apikorosse :
Rav et Rabbi ‘Hanina disent que c’est celui qui méprise le sage (Talmid Ha’ham). C’est le sens du verset « Il a méprisé la parole de D. ».
Sur le plan de l’étymologie, Apikorosse peut venir de l’Araméen « efkérouta », qui signifie effronterie (‘Houtspa). L’ Apikorosse est l’effronté qui se moque des paroles du sage.
Apikorosse peut aussi venir de l’hébreu « Hefker » = libre, sans propriétaire. L’individu s’est rendu libre pour fauter. Pour lui, tout se passe comme si, il n’y a aucun compte à rendre sur nos actions… tout est libre, tout est efker… le monde est un libre service, dans lequel il faut prendre tout ce que l’on peut … sans avoir de compte à rendre.
C’est aussi la théorie des épicuriens (même racine), il faut profiter du monde, sans se soucier du lendemain.

La guemara cite d’autres explications du verset en entête.

Rabbi Méir dit : celui qui étudie et qui n’enseigne pas, c’est lui qui méprise la parole de D. Il a appris de ses maîtres, et ne transmet pas. Il coupe la chaîne de transmission de la Torah, il n’a donc pas de part au monde futur.

Rabbi Néhoray dit que celui qui pourrait étudier et la Torah, et qui ne le fait pas, c’est lui qui méprise la parole de D., il n’a donc pas de part au monde futur.

Rabbi Ychmael dit : c’est celui qui fait de l’idolâtrie, qui « méprise la parole de D. » En effet, sur le Mont Sinaï les Bné Israel ont entendu les deux premiers commandements de D. directement.
« Je suis l’Eternel ton D. » et « Tu n’auras pas d’autres dieux… » font référence à la croyance en D., et à l’interdit de l’idolâtrie.
Rabbi Ychmael comprend donc que celui qui méprise la parole de D. c’est celui qui ne respecte pas les paroles « dites » directement par D.

Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN, www.limud.net

D’après :
Guemara Sanhédrine 99a et b, editions Sotenschtein