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לימוד תורה
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BALAQ 5770

« D. a dit à Bilaam : ne vas pas avec eux [pour maudire] …. » (Bamidbar 22,12)
« D. est venu la nuit vers Bilaam, Il lui dit … lève toi et vas avec eux… » (Bamidbar 22,20)
(BEMIDBAR 21,27)

BALAQ, c'est le nom du roi de Moav qui avait décidé de s'en prendre aux Bné Israel, dans le désert. Cependant, il avait remarqué que la manière forte ne fonctionne pas, puisque les Bné Israel gagnaient leurs guerres de manière surnaturelle.
Balaq décide donc de demander de l'aide à Bilaam, qui est un prophète des nations, et qui va être chargé de maudire les Bné Israel.
Mais Bilaam échouera dans sa mission : il ne parviendra pas à maudire les Bné Israel, au contraire, il les bénira.
Au début de la paracha, D. semble interdire à Bilaam d’aller maudire les Bné Israel (verset en entête). Puis quelques versets plus loin, D. donne son aval à Bilaam. Comment comprendre cette apparente contradiction ?

La guemara Makot 10b présente le principe des villes refuges. Ce sont des villes dans lesquelles un meutrier par inadvertance devait s’exiler. La guemara rapporte alors une histoire :
2 personnes ont tué. L’une intentionnellement, l’autre par inadvertance. Or il n’y a pas eu de témoin. Les deux hommes sont en liberté, au lieu d’être puni : la peine de mort ou l’exil dans une ville refuge.
La providence fait que ces 2 hommes se rencontrent dans une auberge. Le meurtrier intentionnel est assis sous une échelle. Celui qui a tué par inadvertance descend sur cette échelle, et tombe sur l’autre homme et le tue. Le meurtrier intentionnel est donc tué, c’est sa peine. L’autre maintenant est comdamné à l’exil dans une ville refuge, car il y a des témoins : il a tué par inadvertance.
Cette histoire pourrait nous laisser penser qu’il n’y a pas de libre arbitre… en effet, tout se passerait come si l’homme est dirigé comme une marionnette, on l’amène dans une auberge…
Mais ce n’est pas le cas.
Juste après ce passage, la guemara nous rapporte que le libre arbitre est un concept essentiel, et d’où sait-on que le libre arbitre existe ?
De la paracha de la semaine. D. dit d’abord à Bilaam de ne pas aller maudire les Bné Israel. Puis D. dit vas y (versets entête).
C’est cela le libre arbirtre. La guemara Makot 10b nous dit « Dans le chemin où l’homme veut aller, on le fait aller ».

Dans son introduction des Pirké Avot, le Rambam, explique que le libre arbitre est un des fondements du judaïsme. Au 8è chapitre de cette introduction (aussi nommée les 8 chapitres, chmona perakim) le Rambam raille les astrologues qui disent que tout est prédéterminé.
Non ! l’homme est libre et responsable de ses actes ! On ne naît pas bon ou mauvais, mais on peut le devenir !
S’il n’y a pas de libre arbitre comment la justice des hommes pourrait-elle punir un coupable ? Sans libre arbitre comment comprendre la Torah, pourquoi récompenser, pourquoi punir si nous ne sommes pas responsables ?
L’homme est pleinement responsable de ses actes … C’est cela notre grandeur.
Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN, www.limud.net

D’après :
Guemara Makot 10B, editions Sotenschtein
8 Perakim, Rambam