- Paramètres:
Page
Normal
Plain layout without fancy styles
Font
Normal
Large fonts
Very large fonts
Colour
Normal
Restful colour scheme
Light text on a dark background
לימוד תורה
Skip to top of page

Matot et Mass’é 5770

« … Il [le meurtrier par inadvertance] y résidera [dans la ville refuge] jusqu’à la mort du Cohen Gadol… » (BAMIDBAR 35,25).

Le début de la paracha Matot traite des voeux que l’on prononce et de la façon dont on doit gérer ces voeux. Puis la paracha traite de la guerre contre Midiane, le peuple qui avait entraîné une partie des Bné Israel dans la débauche.

La paracha Massé présente les différentes étapes des Bné Israel dans le désert. Et à chaque fois la Torah précise un point de départ et un point d’arrivée, qui se transforme en point de départ … etc.
Puis la Torah présente le cadeau que D. donne à son peuple : la Terre d’Israel. Celle-ci sera répartie entre les 12 tribus. Mais, 48 villes seront données aux Léviim. De même la paracha nous demande de prévoir aussi des villes refuges (pour les meurtriers qui ont tué sans intention de tuer et sans négligence). Le verset en entête est relatif à la condamnation de ce meurtrier particulier.
En effet, cette personne est condamnée à l’exil dans la ville refuge. S’il en sort, un proche de la victime pourra le tuer. Et la peine dure jusqu’à la mort du Cohen Gadol, le grand prêtre (verset en entête).

La guemara Makot 11a nous dit même que la mère du Cohen Gadol apportait des vivres et des vêtements à ces meurtriers, afin qu’il ne prie pas pour la mort du Cohen Gadol !

En effet, la tentation est grande pour le meurtrier de demander à D. d’abréger la vie du Cohen Gadol… pour pouvoir être libéré. La mère du Cohen Gadol tentait donc d’apaiser ces meurtriers (par inadvertance) en apportant de la nourriture et des vêtements.

Mais la guemara demande : on veut que les meurtriers ne prient pas pour la mort du Cohen Gadol … cela veut donc dire que s’ils prient, alors ils sont exaucés ! La vie du Cohen Gadol serait ainsi abrégée ?
Pourtant dans Michlé, Les Proverbes du Roi Chlomo, on trouve « La malédiction gratuite/vaine ne se réalisera pas [= Lo Tavo]» (Michlé 26,2) !

On sait bien que D. ne peut pas punir s’il n’y a pas de faute ! On ne peut donc pas envisager que D. écoute la malédiction d’un meurtrier sur le Cohen Gadol ? D. ne peut pas punir « sur demande », sans raison légitime !

[ A propos du verset de Michlé, Rachi explique, dans Michlé, qu’il faut lire « Lo Tavo » avec un waw. En clair, ce n’est pas une négation, c’est un pronom ! La malédiction viendra sur celui qui maudit vainement. Plus généralement, même si nous sommes sûrs à 100% d’avoir raison, nous n’avons pas à maudire, ou haïr qui que ce soit. Nous devons être assez intelligents, pour savoir penser avec notre tête et pas avec notre coeur.]

Si la malédiction prononcée par le meurtrier est dangereuse, c’est donc que le Cohen Gadol, n’est pas blanc de toute faute !
La guemara Makot 11a, nous explique que le Cohen Gadol aurait dû prier pour les gens de sa génération… il aurait dû demander à D. que ne soit pas versé le sang d’un innocent. Il aurait dû prier pour qu’il n’y ait pas de meurtre par inadvertance… et il ne l’a pas fait.

Le Cohen Gadol porte donc une part de responsabilité… il est donc menacé par la malédiction des meurtriers de la ville refuge… ses proches doivent tenter de les apaiser.

Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN, www.limud.net

D’après :
Guemara Makot 11a, editions Sotenschtein