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לימוד תורה
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DEVARIM 5770

« …et j’ai ordonné à vos juges … Vous ne montrerez pas de favoritisme dans le jugement, le petit comme le grand vous écouterez, vous n’aurez de crainte d’aucun homme, car le jugement, il est à D. …. »
(DEVARIM 1,16-17)

Le livre de Devarim, le cinquième et dernier de la Torah, est constitué des recommandations de Moshé aux Bné Israel. En effet, le peuple est sur le point d'entrer en Israel, Moshé est sur le point d'être rappelé par D.
Moshé donne donc des conseils, fait des réprimandes pour toutes les fautes qui ont été commises par le peuple dans le désert. Moshé veut que les Bné Israel tirent des leçons du désert afin de réussir leur vie en Israel.

Moshé évoque aussi le système judiciaire qui a été mis en place. C’est un des fondements de la société.

Moshé donne des conseils aux juges (verset en entête) qui sont commentés dans la guemara Sanhédrine 8a.

« Vous ne montrerez pas de favoritisme » = même si vous connaissez le justiciable, il faut faire comme si c’était un étranger.
En effet, nous savons par ailleurs qu’il ne faut pas travestir le jugement (Devarim 16, 19) : « ne faites pas de favoritisme ».
Le verset de notre paracha est plus nuancé : le juge doit faire le vide pour considérer le justiciable comme un étranger, pour ne pas le favoriser même inconsciemment.

« Le petit comme le grand vous écouterez ». Rich Laqich explique qu’il faut juger de la même façon une affaire d’une prouta et une affaire d’un mané. De nos jours, on dirait il faut juger de la même façon un différend sur 1 euro, et un différend sur un million d’euros.
La guemara demande, c’est évident que le juge doit analyser minutieusement tout différend ? Alors que vient nous dire Rich Laqich ?
Si un différend sur un euro est présenté au juge avec le différend sur un million, et bien on traitera les affaires par ordre d’arrivée. On n’a pas à juger les affaires importantes avant les petits différends.

« Car la justice est à D. ». Rabbi ‘Hama explique que tout se passe comme si D. dit : « non seulement les juges fautent en prenant à l’un et en donnant à l’autre (lorsqu’ils jugent mal), mais en plus ils Me fatiguent pour rendre l’argent aux vrais propriétaires ».

On attribue ici à D. des caractéristiques humaines (la fatigue). C’est clair que l’on ne doit rien prendre au sens premier ! c’est entièrement pédagogique, c’est une image.

Rabbi ‘Hama veut nous faire comprendre qu’il y a Une Justice, même si la justice des hommes se trompe, D. réparera.
Mais le but est de ne pas « fatiguer D. ». D. a créé les lois de la nature, et son intervention extra-naturelle doit être réduite au minimum. Rabbi ‘Hama nous dit donc que les juges ne doivent pas fausser la justice, sinon, ils forcent D. à aller contre la nature pour réparer l’injustice.

Dans quelques jours, nous jeûnerons, ce sera le 9 av, le jour de la destruction du Temple. C’est le jour où la présence divine s’est éloignée de nous.

A la page 7a de Sanhédrine Rabbi Chmouel Bar Na’hmani dit au nom de Rabbi Yonatane :
Tout juge qui juge selon la vérité, le Emet, alors il fait résider la présence de D. au sein d’Israel. Tout se passe comme si D. juge avec le juge.
En revanche, tout juge qui ne juge pas selon la vérité, fait partir la présence divine. Ce mauvais juge, crée des malheureux qui pleurent vers D. Ils ont été volés, escroqués… et le juge n’a pas réparé… La présence de D. s’éloigne.

Espérons que nous ouvrirons les yeux et que par nos efforts, nous connaîtrons la vérité, nous aurons de vrais juges, qui siègeront aussi près du Temple qui sera reconstruit, très vite et de notre vivant. Amen

Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN, www.limud.net

D’après :
Guemara Sanhédrine 8a, editions Sotenschtein