Vayechev 5784


 «Le puits était vide, il n’y avait pas d’eau.»
(Berechit 37,24)


La paracha de la semaine nous rapporte le triste épisode de la vente de Yossef par ses frères. Ces derniers étaient convaincus d’être dans le vrai. Ils avaient jugé Yossef, et l’avaient condamné.
C’est à cause de la vente de Yossef par ses frères, que la famille de Yaaqov s’installera 20 ans plus tard en Egypte.
Yossef commence sa vie en Egypte en tant qu'esclave, puis devient l'intendant de Putifar. La paracha se termine alors que Yossef est en prison, suite à la dénonciation calomnieuses de la femme de Putifar.

Le verset en entête fait référence au puits où Yossef sera jeté par ses frères.
Et Rashi rapporte que le puits était vide, sans eau, mais avec des scorpions et des serpents !

Le Meche’h ‘Ho’hma cite la guemara Bera’hot 54a. Celui qui voit l’endroit où il a vécu un miracle, fera une bénédiction “béni soit Celui qui m’a fait un miracle dans cet endroit”.
Il précise ce que l’on entend par miracle : il faut que l’évènement soit contraire aux lois de la nature.

C’est pour cela qu’à ‘Hanouka, nous faisons la bénédiction en allumant les bougies, en référence au miracle de la fiole d’huile qui a duré 8 jours au lieu d’un seul jour : c’est contraire aux lois de la nature. En fait, précise le Meche’h ‘Ho’hma, le plus grand miracle de ‘Hanouka c’est la victoire militaire sur Antiochus et son royaume, c’est le début d’une période de 200 ans où la royauté revient à Israel. Mais, pour ce miracle militaire, on ne voit pas que les lois de la nature sont dépassées.

Pour Yossef, le plus grand miracle c’est probablement qu’il est parti du bas de l’échelle pour arriver vice-roi d’Egypte, et entre-temps il est passé par la case prison. Mais ce n’est pas sur ce miracle qu’il fera une bénédiction. Quand Yossef rentrera de l’enterrement de son père Yaaqov, il repassera près du puits où on l’avait jeté. Et là, nous dit Rabbi Tan’houma dans le midrach Berechit Raba, devant le puits il fera la bénédiction. Effectivement, il est sorti vivant d’un puits rempli de scorpions et de serpents, c’est un miracle, c’est contraire aux lois de la nature.

De la même façon que la lumière de ‘Hanouka a vaincu les ténèbres du monde grec et de l’assimilation, prions pour que les lumières de ‘Hanouka aujourd’hui effacent les ténèbres, les peines, les malheurs. Et bientôt nous fêterons la victoire définitive. Et bientôt nous serons suffisamment clairvoyants pour tirer les leçons de la guerre et de ce qui nous y a mené.

Chabbat Chalom, ‘Hanouka Samea’h
Stéphane Haim COHEN

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