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לימוד תורה
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NITSAVIM et VAYELE’H 5770

« Vous vous tenez debout, vous tous, aujourd'hui devant l'Eternel … »
(DEVARIM 29,9)

Cette semaine, nous lisons la paracha Nitsavim ainsi que la paracha Vayéle’h. Traditionnellement, Nitsavim est toujours lue le chabbat qui précède Roch Hachana.

… Cela tombe bien parce que la paracha commence par les mots "vous vous tenez debout"… comme pour un jugement. En effet, Roch Hachana est le début de l'année, mais ce n'est pas un simple anniversaire, c'est le moment où D. juge toute l'humanité.

Pour être jugé, avec une sentence à la clé (souhaitons la positive pour tous), il faut être responsable de ses actes.

En effet, comment pourrait-on condamner un irresponsable ?
Plus généralement, pour pouvoir être jugé, il faut disposer du libre arbitre.

Le Rambam, dans les lois de la Techouva, expose clairement ce principe essentiel de notre conception du monde. L’homme a le libre arbitre, sinon, il serait hors de question de le punir, s’il agit mal.

Ce principe du libre arbitre est déjà présenté dans la guemara Bera’hot 33b :
Rabbi ‘Hanina dit : « tout vient du Ciel, sauf la Crainte du Ciel ».
Etre grand, petit, intelligent, riche… tout dépend du ciel… En revanche être bon ou mauvais, être juste ou impie, cela dépend de nous.

C’est le principe du libre arbitre. La crainte du Ciel, c’est la crainte de la faute (et non pas la peur de la punition) et c’est le fondement de notre libre arbitre.

La crainte de la faute doit me faire fuir la faute, je dois m’en éloigner au maximum, l’idéal étant d’annuler la possibilité de fauter…
Mais si je pousse le raisonnement à son paroxysme la faute n’existe plus, il n’y a donc plus de libre arbitre et je deviens un simple animal.

C’est le paradoxe. Je crains la faute, mais il ne faut surtout pas que la faute disparaisse.

En clair, je dois craindre la faute, mesurer sa gravité, pour pouvoir l’affronter lorsque l’épreuve se présente.

Je dois comprendre, que l’on doit s’éviter la tentation de la faute, on doit fuir ces tentations, ainsi j’intègre en moi que fauter est mal : je crains la faute.
C’est cette éducation qui me fera sauter les obstacles qui se présenteront à moi. C’est cette éducation qui me fera gagner face à la tentation de la faute.
C’est de la sorte que je grandis, car j’ai le libre arbitre, j’ai la tentation, je fais face à l’épreuve de la faute … et malgré tout je gagne !

Voilà pourquoi je dois travailler et progresser dans la dimension crainte du Ciel, c’est grâce à la crainte du Ciel que je peux m’accomplir ici bas.

D’ailleurs dans la guemara Chabbat 31b, on explique sur la crainte du Ciel :
Tout homme de Torah qui n’a pas la crainte du Ciel ressemble à un homme qui a les clés des chambres du palais, mais qui n’a pas les clés de porte d’entrée.
Cela ne sert à rien d’avoir les clés de l’intérieur (la Torah, le but ultime), si on ne possède pas les clés de la porte d’entrée (la crainte du Ciel).

Rav Yehouda dit : D. n’a créé le monde uniquement pour qu’on Le craigne.
C’est très cohérent avec notre explication. En effet, D. ne peut pas avoir créé un monde de pantins. Il a créé un monde d’êtres doués du libre arbitre. Nous devons donc craindre la faute, pour faire face aux épreuves du mauvais penchant, et grandir de la sorte.

Chabbat Chalom
Ketiva va’hatima Tova
Stéphane Haim COHEN, www.limud.net

D’après :
Une dracha à laquelle j’ai assisté et d’après Guemara Bera’hot 33b, Chabbat 31b Editions Sotenschtein