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לימוד תורה
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Ki Tissa 5771

«Des dieux de métal fondu tu ne feras pas pour toi. La Fête des matsot [Pessa’h] tu observeras, …»
Chemot (34, 17-18).

La Paracha Ki Tissa commence par l’exposé de la méthode pour dénombrer les Bné Israel.

Mais, la paracha est surtout marquée par l'épisode du veau d'or et sa conséquence : la destruction des premières Tables de la Loi.
En effet, Moshé a reçu les Tables de Loi, et à la fin des 40 jours, D. lui dit de descendre car le peuple s’est corrompu.
D. veut détruire le peuple, alors Moshé supplie, implore le Créateur. D. pardonne. C’est un moment de grande proximité entre Moshé et le Créateur.

Vers la fin de la paracha on trouve les 2 versets en entête. La Torah juxtapose 2 versets a priori sans suite logique. Le premier parle de l’idolâtrie, le second de la fête de Pessa’h.

L’auteur du Torah Chelema (collection très sympathique que mon fils a reçue en cadeau pour sa Bar Mitswa), à la page 173 du Tome correspondant la paracha Ki Tissa Chapitre 33-34, nous présente un exposé sur le Korban Pessa’h (l’agneau pascal) et l’interdit de consommer du ‘hamets, plat à base de 5 céréales qui ont fermenté.

L’auteur, Rav M.M. Kasher, tente d’expliquer la raison pour laquelle la Torah nous a demandé de sacrifier l’agneau pascal, et la raison pour laquelle la consommation du ‘hamets est interdite à Pessa’h.

Rav Kasher ne se contente pas de dire que ces sont des lois « décrets », pour lesquelles on ne peut pas comprendre les causes. Il cherche donc différentes pistes d’explication.

On pourrait penser que l’interdit du ‘hamets est le corollaire de l’obligation de consommer de la matsa.
La matsa doit nous faire rappeler la sortie d’Egypte. Pour nous pousser à consommer de la matsa, la Torah nous demanderait donc de ne pas manger de ‘hamets.
Cette explication est difficilement acceptable. En effet, comment comprendre que le corollaire serait puni plus durement (Karete pour la consommation de ‘hamets) que la mitswa de manger de la matsa ?
De même, cette mitswa de consommer de la matsa n’existe que le premier jour de Pessa’h, alors que l’interdit de ‘hamets, existe pendant 7 jours.

Le Rav Kasher rapporte donc des sources convergentes, pour prouver dans un premier temps que le sacrifice pascal nous a été ordonné pour nous éloigner de l’idolâtrie.
Rabbi Yossi Hagalili commente un verset de la paracha Bo : « Retirez vous et prenez un mouton… » Chemot (12,21). Il explique : retirez-vous de L’IDOLATRIE et prenez un mouton.
Le mouton (ou l’agneau) était d’ailleurs le dieu qu’idolâtrait les egyptiens.

Et le Rambam explique que les egyptiens vénéraient l’astre du bélier, ils idôlatraient donc l’agneau. Ils interdisaient de tuer les agneaux, ils méprisaient les bergers…
La mitswa de l’agneau pascal est donc venue pour annihiler au vu et au su de tous l’idolâtrie egyptienne, et pour déraciner la tentation idolâtre qui pouvait exister au sein des Bné Israel.

En ce qui concerne le ‘hamets, le Rambam explique que les idolâtres offraient du levain en sacrifice…
Le Rav Kasher rapporte d’autres sources pour prouver que l’interdit du ‘hamets est aussi lié à la volonté de s’éloigner des cultes idolâtres.

D’ailleurs il y a beaucoup de points communs entre l’interdit du ‘hamets, et l’interdit de la Avoda Zara (idolâtrie).

1. Il est interdit de posséder du ‘hamets à Pessa’h. De même, à propos de la avoda zara, on a le verset « tu n’amèneras pas d’abomination dans ta maison » Devarim (7,26).

2. Il faut rechercher le ‘hamets (bediqua) avant Pessa’h. De même, en Israel, la Torah nous a donné l’obligation de rechercher, poursuivre et faire disparaître l’idolâtrie. Devarim (12,3).

3. Annuler le ‘hamets dans son coeur suffit pour accomplir la mitswa (Bitoul).

Il y a encore d’autres points communs : interdit de profiter du ‘hamets et de la avoda zara, interdit même dans une quantité infinitésimale ….

Le Rav Kasher poursuit donc en nous expliquant que la Torah a voulu nous apprendre avec les lois sur le ‘hamets à nous éloigner à 180° de la avoda zara. Au début de la Agada, on a bien « A l’origine nos ancêtres étaient idolâtres… »

Grâce au Rav Kasher, on a donc peut être compris la raison de la juxtaposition des deux versets en entête. La Fête de Pessa’h est le contrepied de l’idolâtrie.

Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN, www.limud.net
D’après Torah Chelema Pages 173 et suivantes du Tome correspondant la paracha Ki Tissa Chapitre 33-34