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A’haré Moté, Chabbat Hagadol, Pessa’h 5771

La paracha A’haré Mote est essentiellement consacrée au service du Cohen Gadol le jour de Yom Kippour.
C’est d’ailleurs la paracha que l’on lit le matin de Yom Kippour.

Mais ce chabbat est aussi nommé Chabbat Hagadol, c’est le chabbat qui précède Pessa’h.

L’auteur du Torah Chelema, dans son commentaire (Milouim) sur la Paracha Bo, qui traite de la sortie d’Egypte, liste les raisons pour lesquelles, ce chabbat est nommé « Hagadol » = Le grand Chabbat.

1. Ce chabbat est nommé Gadol car les Bné Israel y ont effectué leur premier commandement. Ils ont obéi et pris un agneau, conformément au message divin relayé par Moshé. C’était le 10 nissan, 5 jours avant la sortie d’Egypte, et cela tombait un chabbat. De la même façon que l’on devient « grand » en faisant sa bar (ou bat) mitswa, ils sont devenus grands en faisant leur première mitswa.

2. Le chibolé Haléqete explique que c’est parce que nous restons plus longtemps à la synagogue pour écouter la dracha du chabbat qui précède Pessa’h, que le chabbat est qualifié de « grand ».

3. Le Rav Abrabanel explique que ce chabbat a été qualifié de « grand » car c’est le chabbat qui tombe tous les 7 jours… En revanche, il existe un autre temps que la Torah peut qualifier de Chabbat, c’est le jour de fête.
Or la Torah, en référence au premier jour de Pessa’h, écrit « chabbat ». C’est la raison pour laquelle chez les chrétiens, pâques tombe toujours un dimanche.

De notre côté, nos maîtres nous ont expliqués que Chabbat peut vouloir signifier jour de fête… Pessa’h tombe donc simplement le 15 nissan, et ce n’est pas forcément un chabbat.

Le Rav Abrabanel explique donc que le chabbat qui précède Pessa’h s’appelle « Gadol », car c’est le vrai chabbat, par opposition à un autre chabbat, qui vient durant la semaine qui suit et qui est le premier jour de fête.

Pour d’autres raisons de cette appellation je vous conseille la lecture exhaustive du Torah Chelema.

A présent, quelques mots sur Pessa’h, d’après Zemane ‘Hérouténou du Rav Yossef Dov Halévy Solovetchik.

Pessa’h est le temps de la liberté, celui de la fin de l’esclavage.

Il existe 2 catégories d’esclaves :
1. L’esclave au sens politico-judiciaire : l’homme qui est possédé par un autre homme. L’homme qui n’a pas droit de propriété.

2. L’esclave sujet : ce sont des gens qui se comportent d’une façon particulière.

La Torah envisage les deux dimensions de l’esclave : c’est à la fois « kiniane mamone » (il est possédé par quelqu’un), et c’est aussi un sujet aux prérogatives limitées : il ne se marie pas, il est exempt de certains commandements, il n’a pas le droit de témoigner.

Essayons de comprendre l’interdit de témoigner.

Pourquoi ne croît-on pas un esclave ? pourquoi pensons-nous qu’il peut ne pas dire la vérité ?

L’esclave n’a pas de libre arbitre, l’esclave ne choisit pas. Lorsque la Torah décrit l’homme en général, et le juif en particulier, elle parle d’alternative, de deux chemins vers lesquels on peut avancer : le bien et le mal, la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction.
La grandeur de l’homme, c’est sa faculté de choisir.

De son côté l’esclave ne choisit pas. Psychologiquement parlant, il n’est pas armé pour faire face à certaines situations. On ne peut donc pas lui demander de témoigner.

De même, l’esclave a peur, il vit dans la peur. Et la peur pourrait l’empêcher de contredire un autre témoin au tribunal. On ne peut donc pas lui demander de témoigner.

Pessa’h, c’est la liberté, en s’accoudant, pour boire les 4 verres, nous devons réaliser que nous sommes libres à tous les niveaux. Il faut s’affranchir de nos peurs paralysantes, et aussi prendre conscience de notre libre arbitre.
Est-ce que nous agissons vraiment comme des hommes libres … ou bien pour nous tout est tracé ?
Est-ce que je profite de la liberté, et de mon libre arbitre ? est-ce qu’il m’arrive de réfléchir… ou bien est-ce que j’organise ma vie pour ne pas avoir besoin de réfléchir ?

Chabbat Chalom

Pessa’h Cacher VeSame’ah

Stéphane Haim COHEN

D’après Torah Chelema, commentaire (Milouim) sur la Paracha Bo
D’après Zemane ‘Hérouténou du Rav Yossef Dov Halévy Solovetchik.

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Afin de donner du grain à moudre (mais attention il ne faut pas en faire du ‘hamets !!!) pour nos discussions à la table du Seder, je rappelle quelques idées, déjà présentées les années précédentes :

Le Rambam, dans les lois sur le Chema’ nous explique qu’il y a une mitswa de se rappeler de la sortie d’Egypte le jour et la nuit, comme il est écrit « Afin que tu te souviennes du jour de la sortie d’Egypte TOUS les jours de ta vie » (Devarim 16,3)

Toutefois, le ‘Hinou’h s’étonne du fait que le Rambam ne compte pas cette mitswa quotidienne dans le Sefer Hamitswot.
Seule, la mitswa de raconter la sortie d’Egypte la nuit du 15 nissan y est comptée.

Rav ‘Hayim Solovetchik de Brisk a répondu à cette question.

La hagada nous rapporte la discussion entre Ben Zoma et ‘Ha’hamim sur le verset « Afin que tu te souviennes du jour de la sortie d’Egypte TOUS les jours de ta vie ». (Guemara Bera’hot 12b)

Pour Ben Zoma, « TOUS les jours de ta vie » = le jour et la nuit, on doit donc se rappeler la sortie d’Egypte chaque jour et chaque nuit.

Pour ‘Hahamim « TOUS les jours de ta vie » = le monde présent et le monde futur (après la venue du Machia’h). Il n’y a donc pas d’obligation se rappeler la sortie d’Egypte chaque nuit aussi.

Or nous savons que la hala’ha est comme Ben Zoma. On déduit donc qu’au monde futur, on n’aura plus la mitswa de se rappeler la sortie d’Egypte chaque jour.
Ce commandement n’est donc pas éternel. Or Rambam ne compte comme mitswa uniquement les commandements éternels qui continueront après le machia’h. Il ne doit donc pas écrire dans le sefer Hamitswot le commandement de se rappeler la sortie d’Egypte chaque jour et chaque nuit.

En fait, l’essence de cette mitswa quotidienne, est d’accepter le joug divin, ce n’est pas une mitswa à part entière. C’est donc inclus dans la mitswa du Chema’. D’ailleurs le verset de la fin du chema’ qui rappelle la sortie d’Egypte commence et termine par « Je suis l’Eternel ton D. ».
L’essence de la mitswa de se souvenir de la sortie d’Egypte est d’accepter la croyance en D., c’est donc logiquement inclus dans la mitswa du Chema’.

En revanche, raconter la sortie d’Egypte, c’est une autre mitswa, c’est faire passer le message aux autres (enfants …), et cette mitswa, on l’applique le 15 nissan, le jour de Pessa’h.

Puissons-nous réussir à appliquer tous les commandements de Pessa’h, et à comprendre la raison de ces commandements pour nous accomplir.
D’après la Hagada « Pirouché Ha’hmé Lita »

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Pessa’h arrive …

Nous allons vivre le 15 nissan…

Bien avant la sortie d’Egypte, ce jour était important. Abel a apporté son sacrifice le 15 nissan. Loth a reçu les anges le 15 nissan … et il était prêt à tout sacrifier…

En clair, ce jour est intrinsèquement un jour de proximité avec le Roi. A nous de bien l’utiliser.

Voici quelques éléments qui nous pousseront peut être à réfléchir lors du seder.

Car la Torah veut que l’homme étudie et grandisse simultanément.

*** Quelle est la différence entre le sage et l’impie ?***

Tous deux semblent questionner sur le pourquoi des pratiques du seder. Et nos maîtres nous disent, que nous devons nous fatiguer pour trouver l’explication des commandements divins.

Même si les commandements de la Torah sont des décrets du Roi, nous devons tenter de comprendre, selon nos possibilités, les raisons des mitswot (Beth Yossef, sur l’avis du Rambam, Yoré Déa 181).

Le ‘Hida le dit aussi, un homme doit s’efforcer de comprendre les raisons des mitswot (Lev David, chap 14).

Nous devons faire travailler notre cerveau, ainsi nous aurons un aperçu de la grandeur de la Torah, et nous pourrons imaginer, une infime partie de la grandeur de notre Roi.

Mais, il faut faire ceci comme le sage de la Hagada. Il faut faire et ensuite comprendre. Le verset de la Torah qui fait référence au sage dit « Et quand ton fils te demandera demain » Devarim (6,20).
Le sage obéit, respecte les mitswot, et le lendemain, il pose des questions.

Le racha, l’impie, c’est avant qu’il pose les questions. Il dit « qu’est-ce que ce service » Chemot (12,26). Il parle au présent, il assiste au seder, et s’il ne comprend pas, il ne fait pas.

La grandeur du peuple juif, c’est la modestie. On fait, et ensuite on se casse la tête pour étudier et comprendre : « Naassé vénichma ».

***** Avadim Ayinou (= nous étions des esclaves).*****

Comment est-il possible qu'un peuple fort, comme les Bné Israel, se soit fait asservir ?

En fait, l'esclavage n'a pas été brutal. Au début, Pharaon a simplement demandé au Bné Israel de participer à l'effort national de construction. Et Pharaon lui-même, montrait l'exemple, avec la truelle et le mortier ! Les Egyptiens, eux-mêmes travaillaient, aux côtés des Bné Israel.
Les Bné Israel ne pouvaient donc pas refuser d'aider la nation qui les avait accueillis.

Puis, les Egyptiens ont commencé à commander, de plus en plus durement, les Bné Israel. Jusqu'au point où ces derniers étaient traités comme de vrais esclaves.

La situation des Bné Israel s'est donc détériorée très progressivement, et c'est ce qui nous a empêché de prendre conscience du gouffre dans lequel nous sommes tombés.

C'est pourquoi, la Torah nous demande de manger des herbes amères (Maror) à Pessa'h. Car les égyptiens nous ont rendu la vie amère de façon pernicieuse, comme le Maror !

En effet, la salade (le maror de Pessa'h), ce n'est pas mauvais ! Quand on commence à la mâcher, ce n'est pas amer. Ce n'est que lorsqu'on l'a avalée, que l'on ressent l'amertume.

C'est sur la fin qu'on a le goût amer. Comme pour l'esclavage ! Au début, nous nous sommes piégés tout seuls. Nous n'avons rien vu venir … et nous avons fini esclaves, par notre faute. La Torah nous demande donc de tirer une leçon de cet épisode afin de ne plus se laisser berner.

Et, le plus terrible, c'est que chaque génération, chaque individu, selon son niveau, doit faire face à des choix qui semblent anodins sur le moment, mais qui peuvent s'avérer lourds de conséquences des années plus tard.
Dans notre quotidien, aujourd’hui, nous nous faisons piéger. A Pessa’h, nous devons en avoir conscience, pour sortir du piège.
De la sorte nous retournons à NOS valeurs.

***** Sortir du piège : compter sur Notre Père*****

La seule solution, pour sortir d’un tel esclavage, c’est de s’appuyer sur notre Créateur. Les Bné Israel, en Egypte ont su le faire.

Conformément aux commandements divins, ils ont pris un agneau, l’ont attaché pendant quatre jours au pied du lit, et l’ont égorgé.
L’agneau était une divinité egyptienne, et ils n’ont pas eu peur d’agir de la sorte.

Nos ancêtres se sont appuyés sur Notre Père. Leur confiance en D. était totale.

A l’instar de nos pères, nous aussi devons sortir d’Egypte. Nous devrons prendre conscience des pièges de notre vie quotidienne (la course, le stress, les faux soucis, les efforts contre-productifs, …), et s’appuyer sur notre D.

Nous devons recharger le 15 Nissan, les batteries du Bita’hon, de la confiance en D.

***** Attention aux parasites*****
Chaque fois que nous avons la possibilité de nous élever spirituellement, il y a toujours aussi des occasions de tout gâcher.
Ainsi, les raisons de s’énerver sont toujours nombreuses,… Mais, et c’est encore plus vrai le 15 Nissan, ATTENTION AUX PIEGES.
Gardons, notre calme, maîtrisons-nous, et sachons prendre la mesure de la soirée que nous vivrons.

Ainsi, de la même façon que nous avons été libérés d’Egypte, nous serons libérés de tous les jougs que nous subissons, et nous vivrons, grâce à nos efforts et la miséricorde du Roi, la venue du Machia’h.

PESSA’H CACHER VE SAMEA’H

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN