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לימוד תורה
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BEHAR 5771

"D. a parlé à Moshé sur le Mont Sinaï en disant … la terre respectera le chabbat [un an]…"
(VAYIQRA 25, 1-2)

Cette semaine, nous lisons la paracha Behar.

La paracha commence par présenter les lois de la Chemita (l'année chabbatique de la terre, on ne doit pas travailler la terre pendant un an), et celles du Yovel (=Jubilé).
Puis, la Torah continue avec de nombreuses lois "sociales", qui assainissent le comportement de l'homme avec son prochain.

Doit-on s’intéresser à la motivation des commandements ?

Peut-on poser la question : pourquoi la Torah nous a donné un certain commandement ?

Le Rambam explique la plupart des commandements. A titre d’exemple, de nombreuses mitswot nous ont été données pour nous apprendre à nous séparer de l’idolâtrie.

La Chemita, nous a probablement été donnée pour nous éviter de venir matérialiste.

La Torah veut nous apprendre que la notion de propriété n’est pas absolue. Je dois m’éduquer pour savoir me détacher de l’envie de posséder, de l’envie de produire.

La chemita est là pour m’apprendre à ne pas être radin. Je dois savoir ouvrir les portes de mon champ, et permettre l’entrée aux pauvres.

A présent, voici un commentaire déjà envoyé, il y a 2 ans :

Le verset en entête parle de la chemita : le repos forcé de la terre, la 7è année. Mais, pendant la chemita, il y a une autre loi qui s’applique : la chemita de l’argent. La 7è année, comme on le trouve dans Devarim 15,2, les prêts sont annulés. On n’a plus à rembourser ses dettes à son prochain.

Or Hillel l’ancien a remarqué qu’à l’approche de la 7è année, les gens se prêtaient moins entre eux. Il a donc décidé d’instituer le principe du Prousboul (Guemara Guitin 36a) : chaque particulier transmet ses créances à un Tribunal. Alors la chemita devient sans effet sur ces créances, et il est permis de les recouvrer.

Ainsi, Hillel a mis en place un système qui permet de continuer à prêter, sans avoir le risque de perdre sa créance à cause de la Chemita. Sans légiférer, on serait arrivé à un résultat opposé à la raison pour laquelle la Torah a probablement institué la Chemita.

La Guemara demande : Mais comment Hillel a pu mettre en place un système qui fait l’opposé de ce que la Torah demande ?
La Torah demande que les créances soient annulées, et Hillel met en place une loi pour contourner la loi ?!?

Abayé donne une première réponse. Il explique que la chemita de l’argent est de nos jours un interdit miderabanan, des rabbins.
Il explique que la chemita de la terre (verset en entête) et celle de l’argent ont des caractéristiques communes. Il explique que Hillel l’ancien pensait comme Rabi, à savoir que depuis la destruction du Temple, la chemita de la Terre, en Israel, n’est plus une obligation de la Torah. Ce sont seulement nos sages qui ont imposé de la respecter afin de ne pas l’oublier, et ainsi se préparer à la ré-appliquer lorsque le Temple sera reconstruit.
Selon Abayé, Hilel a simplement mis en place un système qui ne contourne qu’une loi « miderabanan », et cela c’est autorisé.
Mais la guemara ne retient pas l’explication d’Abayé… ce dernier proposera une autre solution.

Rava propose une explication différente. Il nous dit qu’un tribunal a le droit d’enlever la propriété de quelqu’un sur quelque chose : « Hefqer Bet Din Hefqer ».
Un tribunal peut dire à M. X, ton terrain n’est plus à toi.

Donc même si on pense, contre Abayé, que la chemita de l’argent est de nos jours une obligation de la Torah, on peut malgré tout comprendre le principe du Prousboul.
En écrivant un Prousboul, on remet sa créance au Tribunal. Tout se passe comme si, le Tribunal a décidé de rendre hefqer, le montant de cette créance chez le débiteur. Ainsi, le créancier peut aller se servir.
Il ne se fait pas rembourser. Il prend uniquement une somme que le Beth Din a enlevée au débiteur.

Pour aider son prochain, pour lui prêter, les sages ont mis en place un système qui contourne l’aspect littéral de la Torah…
Mais c’est ce que veut la Torah, puisqu’elle a donné aux sages le pouvoir de le faire !

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN

www.limud.net

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN
D'après Guemara Guitin 36a et b, Editions Sotenschtein.