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לימוד תורה
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CHELA'H LE'HA 5771

" Parle aux enfants d’Israel, et tu leur diras : qu’ils fassent pour eux des franges [tsitsit] aux coins de leurs vêtements pour leurs générations Ils mettront sur les franges de chaque coin un fil d’azur."
(BEMIDBAR 15,38)

La Paracha CHELA'H LE'HA présente le tristement célèbre épisode des explorateurs. Les Bné Israel ont demandé de visiter la Terre d'Israel avant d'y entrer. Moché nomme donc les plus éminentes personnalités (un représentant par tribu). Il bénit Yehochoua. Les explorateurs partent en Israel et reviennent avec de terribles nouvelles.

En fait, les explorateurs sont tombés dans l’erreur la plus répandue sur cette terre : ils ont mal compris la parole de D. Ils croyaient bien faire en tentant de décourager le peuple. Ils parlaient de la sorte avec une sainte intention. Ils pensaient qu’ils traduisaient dans la réalité la volonté divine, la vérité.

Et c’est peut être un des travers les plus répandus. En effet, qui agit et pense faire mal ? l’idiot ou le fou ! Tous les autres pensent qu’ils accomplissent sur terre la volonté divine. Celui qui tue des êtres humains en espérant se marier avec 70 vierges au paradis, croit qu’il accomplit la volonté de D.. Celui qui part en croisade pour récupérer les lieux saints, et qui au passage extermine les infidèles, croit aussi qu’il agit au nom de D.
C’est deux exemples concernent les « gentils », mais au sein du peuple juif, même si les conséquences sont moins terribles que les 2 exemples précédents, n’a-t-on jamais vu des personnes en chapeau, et à longue barbe aller faire croire qu’en faisant un don ou en recevant une bénédiction, tous les problèmes disparaîtront. N’a-t-on jamais vu des personnes respectables défendre le principe des quotas ashkénaze / sépharade dans des établissements scolaires ? Et bien sûr tout cela est dans un but saint ! C’est uniquement pour accomplir la parole divine !

La Paracha Chela’h Le’ha termine par le passage qui nous demande de mettre des franges (tsitsit) aux vêtements qui ont des coins.
La Torah nous demande de mettre un fil couleur azur dans parmi les fils de chaque coin (verset en entête).

La première michna du chapitre 4 de la Guemara Mena’hot (38a) nous dit que le fil bleu, a posteriori, n’empêche pas d’accomplir la mitswa des tsitsit, si on n’en a pas [et qu’on le remplace par un fil blanc].

Le Rambam dans son explication de la michna, explique que toute couleur bleue n’est pas forcément valable pour teindre les tsitsit. C’est le sang du poisson rare, nommé ‘Hilazone, qui doit nous servir à teindre les tsitsit. De nos jours, la plupart du temps, nous nous fondons sur cette michna pour appliquer la mitswa des tsitsit. En effet, nous ne portons que des tsitsit blancs, car nous ne connaissons cette espèce de poisson.

Néanmoins, certains pensent de nos jours connaître le ‘Hilazone, tel qu’il est décrit dans la guemara et le midrach. C’est la raison pour laquelle, de nos jours, certains ont renoué avec ce qui semble être la mitswa ancestrale : mettre un fil bleu dans chaque coin.

Encore une fois, chacun agit en portant, ou en ne portant pas de fil bleu parce qu’il pense que telle est la volonté de D. Ici, ce n’est pas un problème, même si on se trompe, en effet, c’est un commandement de l’homme envers le Créateur. En revanche, là où le bât blesse, c’est lorsque l’on se trompe sur commandement divin, qui régit le comportement de l’homme envers son prochain. Se tromper dans une telle situation est terrible, puisque je me trompe sur le dos de mon prochain.

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN

www.limud.net

D'après Guemara Mena’hot 38a, Editions Sotenschtein.