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לימוד תורה
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NITSAVIM et VAYELE’H 5771

« Vous vous tenez debout, vous tous, aujourd'hui devant l'Eternel … »
(DEVARIM 29,9)

Cette semaine, nous lisons la paracha Nitsavim ainsi que la paracha Vayéle’h. Traditionnellement, Nitsavim est toujours lue le chabbat qui précède Roch Hachana.

… Cela tombe bien parce que la paracha commence par les mots "vous vous tenez debout"… comme pour un jugement. En effet, Roch Hachana est le début de l'année, mais ce n'est pas un simple anniversaire, c'est le moment où nous nous présentons devant D. pour le jugement.

Pour un jugement humain, on prépare son dossier, on cherche les meilleurs avocats, même lorsque l’on est certain d’être dans le vrai…
Alors, à plus forte raison, lorsque l’on se présente devant le Roi des Rois, pour faire un bilan, et que le passif est chargé, il faut tout faire pour profiter des derniers jours de l’année pour préparer le dossier.

Il est de coutume avant Roch Hachana, ou avant Yom Kippour, d’aller se recueillir sur les tombes des proches, ou des justes. C’est surement un des moyens de se préparer à Roch Hachana, d’améliorer le dossier.

Mais attention, il ne faut pas se tromper sur les objectifs d’une telle démarche. Aller se recueillir sur une tombe peut être plus préjudiciable que de ne pas y aller. En effet, que penser de celui qui va demander à un Juste d’exaucer des demandes ? Que penser de celui qui va devant la tombe de son grand-père, et qui lui demande d’exaucer ses prières ?
Cette personne est doublement en danger :
1. Elle ne prie pas devant D., elle supplie un mort. Au mieux elle crée un intermédiaire avec D. Mais, lorsque les Bné Israel, ont fait le veau d’or, ils ont voulu remplacer Moshé, par un intermédiaire de métal….

2. En pensant qu’un mort peut exaucer des prières, on peut vite oublier qu’avant d’être exaucé, il faut se parfaire. Pour réussir Roch Hachana, je dois d’abord comprendre que j’ai des défauts, et que je dois me corriger. Je ne dois surtout pas croire qu’il existe un supermarché des prières à exaucer, et que si je m’y rends, je trouverai mon bonheur.

En fait, aller sur une tombe doit être conçu comme un réveil. Je dois prendre conscience, qu’il faut agir tant qu’on est encore en vie. Je dois me parfaire, je dois m’approcher du Créateur, tant qu’on a le libre arbitre … tant qu’on est en vie.

Le problème aussi d’aller sur une tombe, c’est qu’un Cohen ne peut pas le faire (c’est mon cas).

Mais, que l’on soit Cohen ou pas, il existe une autre mitswa qui réveille bien avant Roch Hachana. Aller visiter une personne âgée, ou malade, c’est bien pour la personne que l’on visite, cela lui change son quotidien. Mais c’est bien aussi pour le visiteur. Face à une personne au crépuscule de ses jours, on comprend le bonheur d’avoir sa tête, d’avoir ses jambes.
On comprend qu’il nous est interdit de perdre notre temps, qu’il faut consacrer son énergie à parfaire son comportement, à apprendre, …
Le Rav Itsel Perterburger fut un jour invité à faire une dracha, à la fin du mois de Elloul, à Kovno.
Il raconta la méchanceté du Tsar Nicolas, et présenta une illustration de sa violence. Le Tsar enrôlait de force beaucoup de recrues dans l’armée. Les conditions de vie y étaient inhumaines. C’est pourquoi, nombreux étaient ceux qui fuyaient et se cachaient pour éviter la conscription.
Un jour, le Tsar émis un décret d’amnistie générale à tous ceux qui régulariseraient leur situation. Jeunes ou vieux fuyards, tous seraient blanchis.
L’opération connut un franc succès, les jeunes furent amnistiés et enrôlés dans l’armée, mais, les vieux,… contrairement aux promesses du Tsar, furent jugés et condamnés.
Les juges furent sévères et dirent aux condamnés : « Les jeunes sont amnistiés, parce que l’on peut encore les enrôler… mais vous, vieux fuyards, vous n’êtes plus utiles pour le pays »… d’où la condamnation.

On comprend maintenant la prière que l’on peut faire à l’approche de Roch Hachana : « Ne me rejette dans mes vieux jours… » (Tehilim 71,9). On demande à D. de nous laisser notre tête, et nos jambes, jusqu’à 120 ans, pour que l’on puisse, en permanence continuer à progresser.

Chabbat Chalom
Ketiva Va’Hatima Tova
D’après Leqa’h Tov, Yamim Noraim I, page 150
Stéphane Haim COHEN, www.limud.net