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KI TETSE 5768

"Mais si c’est dans le champ [loin de la ville et des habitants] que l’homme trouve la jeune fille fiancée, que l’homme la saisisse et s’étende avec elle, il mourra l’homme … seul. Et à la jeune fille tu ne feras rien, la jeune fille n’a pas fait de faute passible de mort …"
(DEVARIM 22,25-26)

La paracha de la semaine présente de nombreuses lois sociales, des lois qui régissent le comportement de l’homme avec son prochain. Elles sont vraiment d’actualité, car l’on se rapproche des jours redoutables, et si l’on n’est pas blanc (de faute) avec son prochain, comment peut-on aller demander pardon à D ?

A partir du verset 23 du chapitre 22 de Devarim, la paracha parle d’une jeune fille fiancée qui a eu une relation avec un homme (autre que son fiancé).
Si cela s’est passé en ville, alors les deux sont passibles de la peine de mort.
Si cela c’est passé loin de la ville (verset en entête), alors la fille est considérée comme innocente, car elle a probablement crié pour s’opposer à l’homme, et personne ne l’a entendue.

De ce verset, dans la guemara Nedarim on apprend que D. pardonne s’il y a un cas de force majeure (donc indépendant de notre volonté).

Ainsi dans Nedarim 27a on a :

Un homme devait faire valoir un droit (montrer un titre de propriété par exemple) devant un tribunal. Cet homme dit au tribunal : « si je ne vous apporte pas ma preuve d’ici 30 jours, alors j’accepte de perdre mes droits ». Cet homme ne put venir à cause d’une force majeure (oness).
Rav Houna dit : « cet homme a perdu ses droits ».

Rava objecte : « Pourtant celui qui subit un cas de force majeure, la Torah l’exempte de punition, [comme on le voit dans Devarim 22,26 – verset en entête], « A la jeune fille tu ne feras rien ».

La discussion continue dans la guemara. Mais ce qui est étonnant ici, est comment Rava peut-il comparer le cas de force majeure da la fille qui est violée avec le cas de force majeure d’une personne qui prononce un voeu devant un tribunal.

La Torah peut d’une part exempter un cas de oness. Mais, d’autre part, si celui qui fait un voeu est déterminé à le réaliser, même s’il sait qu’il peut se produire un oness, pourquoi ne pas dire que sa parole vaut de l’or ? Et oness, ou pas oness il y a un engagement !

Les tossefot répondent que la Torah ne s’intéresse pas aux oness, la preuve, c’est qu’elle exempte de toute punition. De la même façon, un homme ne prend pas en compte les cas de oness. Sauf preuve du contraire, un homme n’intègre pas le oness dans les voeux qu’il prononce.

D’autres commentateurs (des a’haronim) nous disent que s’il y oness, c’est comme si l’acte s’était réalisé sans intervention de l’homme. C’est pourquoi, la jeun fille est exemptée, ce n’est pas elle qui a fauté.
De même lorsque l’homme fait le voeu de revenir montrer ses droits dans 30 jours sinon il perd ses droits. Lorsqu’il ne vient pas, tout se passe comme si la condition du voeu a été réalisée sans lui. On ne peut donc pas le pénaliser selon Rava.

Comme je l’ai entendu sur un cours en ligne du Rav Rozenberg Chlita, il ne faut pas confondre Oness et Chogueg.
Si quelqu’un me pousse sur les bougies pendant Chabbat et qu’elles s’éteignent, c’est oness, ce n’est pas de ma faute. C’est un cas de force majeure.

Mais, si je marche près des bougies et que je les éteins sans intention de le faire, car j’ai oublié que nous sommes chabbat… suis-je vraiment blanc de toute faute ?
C’est chogueg, sans intention de faire une faute, je faute…
Mais si j’avais fait un peu plus attention je n’aurais pas fauté…

Si j’avais craint un peu plus la faute… je n’aurais pas fauté… c’est de ma responsabilité.

Si j’avais étudié un peu plus j’aurais su ce qui est permis et ce qui ne l’est pas…

Celui qui a peur de fauter devant le roi, étudie plus et prend moins de risques avec la hala’ha.

C’est un travail à accomplir avant le rendez-vous avec le Roi à Roch Hachana et à YOM KIPOUR

Chabbat Chalom

Stéphane Haim COHEN

D'après Guemara Nedarim 27a
Edition Sotenschtein