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לימוד תורה
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KI TAVO 5768

"Au matin tu diras, si seulement c’était le soir, le soir tu diras, si seulement c’était le matin …"
(DEVARIM 28,67)

Cette semaine, nous lisons la Paracha Ki Tavo. Cette longue paracha a une caractéristique tristement connue, elle comporte des bénédictions, mais aussi et surtout 98 malédictions terribles. Il faut vraiment les lire et les comprendre. Cela remet les idées en place avant le jugement à Roch Hachana.

L'on se sent toujours un peu gêné à la lecture de ces malédictions. La peur nous saisit de façon évidente.

Mais, nous espérons que toutes ces malédictions ont déjà été vécues par notre peuple dans le passé… Et cela ne se reproduira plus…

La guemara Sota 49a explique les paroles de Raban Chim’on Ben gamliel dans la michna (48a) qui nous dit : « Rabbi Yehochoua a témoigné que, depuis que le Beth Hamiqdach (le Temple) a été détruit, il n’y a pas de jour sans malédiction… »

Rava commente ce passage dans la guemara (Sota 49a) et va encore plus loin : « Chaque jour qui passe la malédiction est plus grande que la veille, comme il est dit « Au matin tu diras, si seulement c’était le soir, le soir tu diras, si seulement c’était le matin » ».

Rava continue : de quel matin parle-t-on quand on est le soir ? Si tu me dis qu’on parle du lendemain, comment sais-tu que demain seras meilleur ? C’est donc forcément que l’on parle du matin qui est passé.

De là on conclut que la situation va en se dégradant. Le Ramban, explique d’ailleurs que les malédictions que l’on trouve dans ce livre de Devarim sont liées à la destruction du second Temple et à l’exil que l’on vit depuis : la dispersion du peuple juif au quatre coins de la terre et de terribles souffrances.

La guemara demande après : si c’est comme cela [que la malédiction du jour est supérieure à celle de la veille] sur quoi le monde tient ?

La guemara répond :

« Sur la quedoucha [que l’on dit assis, le matin dans ouva letsion, celle qui est traduite en naraméen] et sur le Yéhé Chémé Raba que l’on dit après les drachot de agada ».

Le matin on sanctifie à trois reprises le nom de D., en disant « Saint, Saint, Saint est l’Eternel… ».
Vers la fin de la prière du matin, on dit donc cette déclaration pour la troisième fois, et on la traduit en araméen. Nos maîtres on institué cette traduction pour que le peuple comprenne.
C’est pourquoi, tout juif qui prie, le sage, comme l’ignorant, comprenne ce qu’ils disent. Ainsi, ce qu’on dit est considéré comme de l’étude.
Le message de la guemara est donc clair : le monde tient parce qu’il y a des gens qui clament la sainteté de D. et qui étudient la Torah.

De même lorsque l’on répond « Yehe Chémé Raba », dans le quadich qui suit une dracha, un cours de Torah, on clame la sainteté de D. après avoir étudié la Torah, c’est le même principe.

Nous avons donc de grandes responsabilités, en général, et à l’approche du jour du jugement (Roch Hachana) en particulier :
Prier donc proclamer la sainteté du Roi,
Comprendre ce que l’on dit,
Etudier la Torah,

Ainsi nous permettons au monde de tenir. Même si la malédiction du jour est supérieure à celle de la veille, ces mérites permettent au monde d’exister.

Chabbat Chalom

Stéphane Haim COHEN

D'après Guemara Sota 49a
Edition Sotenschtein