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לימוד תורה
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VAYIQRA 5770

" Et les Anciens de l’assemblée appuieront leurs mains sur le taureau…"
(VAYIQRA 4,15)

Nous commençons cette semaine, le troisième livre de la Torah, le livre de Vayiqra, appelé "Le Lévitique", car il a pour thème principal le service de D. (au Temple ou dans le Michkan ) qui était effectué par la tribu des Lévi. Cette tribu inclut les Léviim mais aussi les Cohanim.

La première paracha du Lévitique, Vayiqra, est quant à elle consacrée aux offrandes/sacrifices. En effet, il n’y a pas de mots en français pour traduire le concept de « korbane ».

La guemara Sanhédrine, qui est étudiée en ce moment par ceux qui suivent le rythme du Daf Hayomi, à la page 13b, nous explique la discussion en Rabbi Chim’one et Rabbi Yehouda sur la « smi’hate zeqenim » (les anciens qui appuyaient) et le nombre de juges qui doivent participer à cette action.

La smi’ha, c’est le geste que l’on faisait sur certains korbane, avant de sacrifier la bête. On devait appuyer très fortement sur la tête de l’animal.

Si le Sanhédrine a autorisé, par erreur, une action interdite par la Torah, et que cette action mérite une peine de Karète (retranchement), si cela avait été fait de plein gré (=en sachant que c’est interdit), alors le Sanhédrine doit apporter un « Pare Eelem Davar chel Tsibour » = un korbane.

Ce taureau devait donc subir la smi’ha = appuyer sur sa tête avant de le sacrifier.

Rabbi Chim’one dit qu’il fallait 3 juges du Sanhédrine pour ceci, alors que Rabbi Yehouda dit qu’il en fallait 5.

Quelle est la source de cette discussion ? le verset en entête.
" Et les Anciens de l’assemblée appuieront leurs mains sur le taureau…" (VAYIQRA 4,15)

Comme la Torah a écrit les Anciens, on apprend que l’on parle d’experts
Comme il est écrit « assemblée », on sait que ces experts doivent en fait êtres des juges d’un tribunal important.
Comme il est écrit « L’assemblée » (avec l’article défini) on sait que l’on parle du grand Sanhédrine de 71 membres, qui siégeait au Temple de Jerusalem.

D’où connaît-on le nombre de juges qui participent à la smi’ha ?
Rabbi Chim’one : il est écrit « les Anciens », le minimum du pluriel, c’est 2, or un tribunal n’est pas constitué d’un nombre pair de juges (pour des raisons évidentes), on ajoute 1, cela fait 3.

Rabbi Yehouda : il est écrit « et ils appuieront », le minimum du pluriel, c’est 2 ; et il est écrit « les Anciens », le minimum du pluriel, c’est 2, on obtient 4. Or un tribunal n’est pas constitué d’un nombre pair de juges (pour des raisons évidentes), on ajoute 1, cela fait 5.

Il existe une autre smi’ha, qui n’existe plus depuis longtemps, c’est l’acte par lequel un Juge donne à un autre juge le droit de juger car il lui reconnaît la qualité d’expert = moum’hé.
Moshé a commencé par la faire à Yehochoua (Bamidbar 27,23).
De même, Moshé a fait la smi’ha aux 70 anciens.

C’est ainsi que la chaîne a commencé, puisque ces 71 membres, choisis par Moshé ont aussi fait la smi’ha a des experts qui ont pris la suite… si bien que toutes les personnes qui ont reçu la smi’ha, viennent d’une chaîne qui remonte à Moshé notre maître. (Rambam Hil’hote Sanhédrine 4,1).

Cette smi’ha ne peut être faite qu’en Israel (Rambam id 6).
A l’époque de la domination romaine, la smi’ha a été interdite pars les autorités. A la fin de la période des Amoraim d’Israel, la chaîne a donc été interrompue. Jusqu’à la venue du Machia’h, nous ne pourrons plus avoir de juges « smou’him ».
En revanche le Rambam pense que si tous les sages d’Erets Israel sont d’accord pour nommer certaines personnes, alors ils prendront le titre de smou’him, et donc on pourra recommencer la chaîne.
Encore faut-il qu’il y ait accord.

De nos jours la question s’est posée car nous sommes revenus en Israel ! Plusieurs études ont été publiées. Le ‘Hazon Ich a tranché contre le smi’ha à notre époque.

Nous venons de rentrer dans le mois de Nissan, le mois de Pessa’h, le mois de la délivrance. Prions, et faisons les efforts pour être libérés, à l’instar de nos ancêtres en Egypte. Ainsi nous retrouverons nos juges qui jugeront selon les vraies valeurs, celles de la Torah.

Enfin comme Pessa’h approche, je vous propose quelques questions, qui pourrait être posées le soir du Seder :
On dit au début de la Hagada « Que tout celui qui est dans le besoin vienne et fasse le qorbane pessa’h ». Comment est-ce possible ? On sait très bien qu’il faut nommer à l’avance les participants au qorbane pessa’h !

Le sage demande « quels sont les lois, les décrets …(edot, ‘houqim, michpatim) que D. a ordonnés... » A quoi sert sa question y a-t-il un différence pour lui entre les lois qu’on comprend et celles qu’on ne comprend pas ? De toute façon il applique tout !

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN

D’après :
Guemara Sanhedrin 13b, Editions Sotenschtein