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לימוד תורה
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VAHET'HANAN 5770

«Garde le jour du Chabbat pour le sanctifier… » (DEVARIM 5,12)
« Tu ne témoigneras pas sur ton prochain un témoignage vain [chave] » (DEVARIM 5,17)

Cette semaine, nous lirons la Paracha Vaet'hanan, suivie de la Haftara Na'hamou. En référence à la haftara, le Chabbat de cette semaine est d'ailleurs souvent appelé "Chabbat Na'hamou" (consolation), car il suit le 9 AV (destruction des deux temples).

Cette paracha commence avec la prière de Moshé, ou plus exactement ses supplications, ses implorations, pour avoir le droit d’entrer en Terre d’Israel.

Dans cette paracha, la Torah présente un rappel des 10 paroles : la Révélation sur le mont Sinaï.

La guemara Chvouote, au 3è chapitre, nous présente 2 types de serments :
- les serments vains (chave)
- les serments de mensonge (Cheqere)

A la page 20b de Chvouote, Rav Dimi explique au nom de Rabbi Yo’hanane que :
1. les serments vains (chave) = ce sont des serments liés au passé.
Ex. : « Je jure que j’ai mangé du pain hier » alors que ce n’est pas vrai.
Ex. : « Je jure que je n’ai pas mangé de pain hier » alors que ce n’est pas vrai

2. les serments de mensonge (Cheqere) = ce sont des serments liés au futur.
Ex. : « Je jure que je mangerai du pain demain » alors que je n’en mangerai pas, c’et un mensonge.
Ex. : « Je jure que je ne mangerai pas du pain demain » alors que j’en mangerai, c’et un mensonge.

La guemara demande sur Rav Dimi, pourquoi définis-tu ces serments comme 2 types de serments. Nous avons en enseignement, une brayta, qui nous dit que les serments vains (chave) et les serments de mensonge (Cheqere) font un ?

Rav Dimi garde sa typologie passé/futur, et propose de nous expliquer ce que veut dire « faire un ».

En fait , la guemara explique que les mots « cheqere » et « chave » ont été prononcés en même temps, à l’instar de « Za’hor » et « Chamor », c’est cela « faire un ».

En effet, les 10 paroles qui ont été présentées dans la paracha Yitro (Chemot, 20) nous disent : « Souviens toit du jour du chabbat » « Chemot 20,8).
En revanche, dans notre paracha, vaet’hanane, il est écrit : «Garde le jour du Chabbat pour le sanctifier… » (DEVARIM 5,12), verset en entête.

On a donc une fois « za’hor » et une fois « chamor ». Du fait que les deux mots ont été dit et entendus en même temps, miraculeusement, nous apprenons que :
Tout celui qui est soumis aux obligations de garder le chabbat = chamor= ne pas faire de faire de travaux interdits, alors il a aussi l’obligation de se souvenir du chabbat = zah’or. Ainsi on apprend que les femmes ont l’obligation, de la Torah, de réciter le quidouch, que l’on dit le vendredi soir.
Elles devaient déjà respecter tous les interdits, mais comme « Za’hor » et « Chamor » ont été dit en même temps, alors, elles ont aussi l’obligation positive de dire de le qidouch.

La guemara sauve donc la thèse de Rav Dimi en nous disant que les mots « cheqere » et « chave » ont été prononcés en même temps.
« Chave », dans le verset en entête, version des 10 paroles de notre paracha, et « cheqere » issu de la version des 10 paroles de la paracha Yitro, dans le livre de Chemot, ont été dits et entendus en même temps (c’est miraculeux)
On apprend ainsi, que de la même façon qu’il y a la peine de Malqout (les 39 coups) pour les serments de mensonge, alors, il y a aussi la peine de malqout pour les serments vains.

J’aurais pu croire, que puisque dans le verset de Yitro, il est écrit « D. ne nettoie/pardonne pas celui qui dit son nom en vain », alors, cette faute n’a pas d’expiation, le serment en vain, ne serait donc pas punissable par les coups. La guemara me dit, que D. ne fait pas expier la faute, mais, le tribunal, a le moyen de faire expier cette faute.

Notons que, tant pour le chabbat que pour les serments, le miracle en tant que tel, de la prononciation simultanée de mots, ne m’intéresse pas. L’aspect historique est pauvre d’intérêt. Ce qui intéresse la guemara, dans le miracle, ce sont les conséquences au niveau de la loi, au niveau de mes obligations.

Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN, www.limud.net

D’après :
Guemara Chvouote 20b, editions Sotenschtein