Balaq 5786 et plus bas 'Houqat

Plus bas, vous trouverez un texte sur la paracha ‘Houqat. Nos frères qui vivent en dehors de la Terre Sainte, en exil (pour combien de temps ? la situation est de plus en plus chaude !) liront cette semaine 2 parachiot : ‘Houqat et Balaq.


"Bilaam se leva le matin, il sella son ânesse, il alla avec les princes de Moav"
(BAMIDBAR  22,21)

BALAQ, c’est la paracha de la semaine. C'est aussi le nom du roi de Moav qui a décidé de s'en prendre aux Bné Israel, dans le désert. Cependant, il avait remarqué que la manière forte ne fonctionne pas, puisque les Bné Israel gagnaient leurs guerres de manière surnaturelle.
Balaq décide donc de demander de l'aide à Bilaam, le prophète des nations, et qui va être chargé de maudire les Bné Israel.
Mais Bilaam échouera dans sa mission : il ne parviendra pas à maudire les Bné Israel, au contraire, il les bénira. 
Sur le verset en entête, la guemara Sanhédrine 105b présente les paroles de Rabbi Chim’on Ben Eleazar : la haine annihile les marques de grandeur, comme il est dit : “Bilaam se leva, il sella son ânesse”.

Le Torah Temima explique. C’est Bilaam, lui-même, malgré son statut de prophète, qui va descendre bien bas. Il déteste tellement les Bné Israel, qu’il va seller lui-même son ânesse, au lieu de laisser le travail à ses serviteurs. La haine est un moteur formidable !

Bilaam était un prophète des nations. Les peuples venaient et l’interrogeaient.
Lorsque les Bné Israel recevaient la Torah sur le Mont Sinaï, les nations du monde ont eu peur et ont accouru chez Bilaam. 
“Peut-être que c’est le Maître du Monde qui va nous punir par un déluge ? 
“Simples d’esprit ! répond Bilaam, D. a juré à Noa’h qu’il n’enverrait plus de déluge dans le monde.”
Les nations insistent : “Peut-être qu’Il nous envoie un déluge de feu ?”
Bilaam certifie : Il n’envoie ni déluge d’eau, ni déluge de feu. D. donne simplement la Torah  à Son peuple, dans le désert, en plein jour, avec des sons et des éclairs, … et c’est simplement pour Israel.
En fait, Bilaam sait tout, puisque le Don de la Torah a été public. 
Si D. a donné la Torah dans le désert, c’est pour que les nations ne puissent pas réclamer. Si la Torah avait été donnée en terre d’Israel, les nations auraient pu arguer qu’elles en étaient exclues.

Bilaam sait tout cela. Il sait que les Bné Israel ont été choisis. Il sait aussi qu’il a accès à tout s’il le souhaite… Il peut utiliser ses capacités pour diffuser le message divin. Mais non, la haine détruit tout ! Il va tout perdre car il veut faire disparaître le peuple d’Israel.
Le 7 octobre, mus par la haine, les sauvages ont tué, violé, pris des otages. Ils n’avaient pas compris qu’ils signaient leur fin. Ils n’ont pas compris qu’ils récolteraient la mort et les ruines. C’est cela la haine, cela rend aveugle.
Aujourd’hui dans notre peuple aussi, parfois la haine nous aveugle. On en vient à oublier que l’Autre est mon frère. Je suis tellement persuadé qu’il se trompe, que je suis prêt à le punir. Je suis tellement persuadé que j’ai raison, je suis tellement certain d’être dans le vrai, je suis tellement persuadé que mes valeurs sont LES valeurs, je suis tellement persuadé que j’ai raison devant D. que je suis prêt à écraser l’autre.

La haine, c’est gratuit, c’est facile, c’est simple, c’est l’egoïsme, c’est la faiblesse, cela permet de rester idiot, sans se remettre en question. Ce qui est difficile, c’est de rechercher la FRATERNITE. Ce qui est difficile c’est d’essayer de comprendre l’autre, même s’il ne pense pas comme moi. Cela demande des efforts, beaucoup d’efforts…. c’est comme cela que l’on devient fort ! 

CHABBAT CHALOM 

Stéphane Haim COHEN
www.limud.net