Vayiqra 5786

 "Toute Min’ha (offrande végétale) que vous apporterez pour D., ne sera pas faite de levain…” (Vayiqra 2,11)

Nous commençons cette semaine, le troisième livre de la Torah, le livre de Vayiqra, appelé "Le Lévitique", car il a pour thème principal le service de D. (au Temple ou dans le Michkan) qui était effectué par la tribu des Lévi. Cette tribu inclut les Léviim mais aussi les Cohanim.

La première paracha du Lévitique, Vayiqra, est quant à elle consacrée aux offrandes/sacrifices. En effet, il n’y a pas de mots en français pour traduire le concept de « korbane ». Le mot est construit sur les 3 lettres KaRoV (proche). Le KoRBan permet de s’approcher du Roi. 

La Torah nous demande dans le verset en entête de ne pas apporter des offrandes de type ‘Hametz (qui a levé). Il n’y a que l’offrande Sota, et les 2 pains de Chavouot qui sont ‘Hamets.
Le Baal Haturim rappelle la guemara Bera’hot 17a. Le mauvais penchant ressemble au levain, alors il est interdit de l’apporter en offrande. Tout comme le miel, qui symbolise la douceur. En effet, le mauvais penchant ressemble à ce qui est doux. Il est agréable. Il séduit, comme le sucre …
Pessa’h approche, et nous allons chasser le ‘hamets. Grâce à un ami, nous avons étudié ce jour, le début du volume 2 du Mi’htav Meeliahou (sur Pessa’h). Et j’en ai profité pour en parler avec un de mes enfants, que D. les protège !
Le Rav Dessler nous explique que l’exil d’Egypte, est l’illustration du grand exil, l’exil de l’âme. Le mauvais penchant qui prend les commandes. Le nom MiTSRayim (Egypte) est construit sur la racine MeTSaR, qui représente l’étroitesse, le stress, la limite la frontière. Dans le Halel on dit : Depuis la détresse (Metsar) j’ai appelé D. !
Les esclaves ne pouvaient pas s’enfuir d’Egypte. L’impureté de l’Egypte était tellement grande, que l’on ne pouvait s’enfuir. L’esclave n’envisageait pas une vie autre que la sienne. De même, celui dont l’âme est en exil, celui qui est mené par son mauvais penchant,  ne peut pas s’en libérer. La faute est douce, elle est agréable, comme ce qui a levé. Parfois la prison est douce, et pour s’en sortir, il faut une aide extérieure.

On peut se complaire en Egypte, enfermé. D’ailleurs 80% des bné Israel n’ont pas voulu en sortir. De même, celui qui est enfermé dans les fautes, ou dans le stress, doit décider d’en sortir s’il veut pouvoir s’en sortir. 

Les Bné Israel ont eu l’aide du Ciel. Ils ont vu les miracles. Et petit à petit, celui qui le voulait a pu ouvrir les yeux. 
L’Egypte était un passage obligé. Pour apprécier et mériter la vie d’après l’esclavage, il fallait passer par ces années de servitudes.
Et pourtant ce n’est pas juste ! Qui a demandé à naître esclave ! Des générations sont nées et mortes en Egypte sans avoir la possibilité de s’en sortir ! Mais il fallait passer par là.
Si nous sommes devenus le peuple juif, si nous avons reçu la Torah, si nous avons reçu la terre d’Israel, c’est que nous sommes passés par l’Egypte. Nous aurions pu rester esclaves toute notre vie. Nous aurions pu nous lamenter sur ce passé terrible; Et bien non! L’Egypte, et les souffrances, nous les avons transformés en Force. Ces souffrances nous ont fait grandir ! 
Que D. nous évite les épreuves ! Mais, la foi c’est de comprendre, que je dois transformer ce que je crois être une souffrance en une force.
Le Rav Dessler nous explique que la libération d’Egypte est l’exemple qui nous permettra de vivre la libération ultime. Mais il précise qu’en Egypte, cette libération a été initiée par le Haut. Pour la prochaine libération, cela viendra d’en bas. Par nos efforts, notre travail personnel, nous vivrons la prochaine libération.

Que D. protège Son peuple ! Que D. protège l’humanité ! Que les fautes disparaissent ! Et ainsi, il n’y aura plus de méchants, ni de victimes ! Et ainsi nous chanterons notre joie ! 

Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN

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