Vaye’hi 5786

« Jacob appela ses fils et il dit: Rassemblez-vous, je veux vous raconter ce qui vous arrivera à la fin des jours. Groupez vous ensemble et écoutez, fils de Yaaqov, écoutez Israel votre père. »
Berechit (49,1-2)

Nous terminons cette semaine la Genèse, le livre de Berechit, la création du monde, la genèse du peuple juif. Nous avons fait connaissance avec nos pères, qui nous ont transmis leurs caractères propres, leurs acquis. Nous avons les outils pour que le peuple juif puisse voir le jour et mener à bien sa mission.

Le peuple des enfants d’Israel (Yaaqov) est à présent une entité à part entière, bien que résidant en Egypte.
Yaaqov, le troisième patriarche bénit, dans notre paracha, ses enfants, les 12 tribus, avant de rejoindre le monde de la Vérité. Il va donner à chacun la bénédiction, le conseil, la direction dont il a besoin. Chacun a sa personnalité, chacun tiendra son rôle.

Le rav Jonathan Sacks zal, relève la bizarrerie des versets en entête. Il semble que Yaaqov se répète. Mais le Rav Sacks souligne que dans le second verset, il n’y a pas de référence à la fin des jours. 

Rashi nous rapporte que Yaaqov a voulu dévoiler la fin des temps, mais, il n’a pas pu. La présence divine qui l’inspirait, lui a échappé, et donc il enchaîne, sur d’autres considérations, les bénédictions pour les tribus.

Le Rav Sacks précise que ce passage n’est pas anodin. La Torah veut nous faire comprendre un principe essentiel du judaïsme : le futur n’est pas écrit. Chacun peut et doit façonner son futur. Les Grecs avaient la Pythie, qui servait d’intermédiaire entre les dieux et les hommes. Elle disait le futur.

Chez nous le prophète, dit l’avenir, prédit des jours sombres …. si le peuple ne fait pas techouva. Le Prophète prévient que nous créons nos malheurs à venir en nous comportant mal.
Le Rav Sacks nous dit que lorsque la prophétie se réalise, c’est donc un échec.

Nous sommes libres, nous choisissons, nous nous trompons, nous apprenons, nous changeons, nous grandissons. Alors c’est vrai, nous avons l’héritage de nos pères, nous avons une mission …. mais rien n’est joué. A chacun de s’épanouir pour apporter sa pierre à l’édifice de la construction du peuple juif.

Nous sommes des sujets, pas des objets. L’animal réagit, en fonction de ses sens. L’homme a des sens, et il peut passer sa vie à réagir suivant ses sens… Ainsi, il ratera sa vie. Mais il peut aussi agir selon sa conscience. Il peut décider d’être libre, c’est ainsi qu’il ressemblera à D.


Chabbat Chalom, 
Stéphane Haim COHEN

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