Nitsavim 5786

« Vous êtes debouts aujourd'hui, vous tous, devant D.: vos chefs [pour] vos tribus, vos anciens, vos policiers, tout homme d'Israël ; vos enfants, vos femmes et l'étranger qui est dans tes camps, depuis le fendeur de bois jusqu'au puiseur d'eau ; afin d'entrer dans l'alliance de l'Éternel, ton Dieu, et dans son serment, qu’il établit avec toi en ce jour. Afin de t’établir aujourd’hui pour Lui comme un peuple...»
(DEVARIM 29, 9-12)


Cette semaine, nous lisons la paracha Nitsavim, puis celle de Vayele’h. Traditionnellement, Nitsavim est toujours lue le chabbat qui précède Roch Hachana.
… Cela tombe bien parce que la paracha commence par les mots « Vous vous tenez debout, vous tous, aujourd'hui devant l'Eternel … »(DEVARIM 29,9)... comme pour un jugement.  En effet, Roch Hachana est le début de l'année, mais ce n'est pas un simple anniversaire, c'est le moment où D. juge toute l'humanité.
La guemara Roch Hachana 16b rapporte : 
« Rabbi Crospeday dit au nom de Rabbi Yo’hanan : 3 livres sont ouverts à Roch Hachana. Le livre des mécréants, le livre des justes, le livre des gens [benoniim] tangents. Les justes sont immédiatement inscrits dans le livre de la vie, les mécréants sont immédiatement inscrits dans le livre de la mort, les tangents sont suspendus jusqu’à YOM KIPOUR. S’ils ont mérité, ils sont inscrits dans le livre de la vie, sinon ils sont inscrits dans le livre de la mort. »

Le Ran sur ce passage explique que de la définition des benoniim, les tangents, nous comprenons que les justes sont ceux qui ont une majorité d’actions positives. Nous comprenons aussi que les méchants sont ceux qui ont une majorité d’actions négatives.

Mais pourtant, nous voyons bien qu’il y a bien des justes qui meurent et des méchants qui passeront une année tranquille. 

Le Ran rapporte donc les paroles de Rabbi Ychaya l’ancien. On appelle juste celui qui sera décrété comme juste pour le jugement spécifique de l’année. Et de même pour le racha.
Autrement dit quelqu’un peut être un vrai juste, dont les mérites sont largement supérieurs aux fautes, mais cette année, il sera qualifié de méchant, pour une faute particulière.
De même un méchant devrait normalement être condamné, mais il sera qualifié de juste pour une mitswa qu’il a réalisée, et pour laquelle il est récompensé cette année.

Le Ran précise que c’est la même explication que celle proposée par le Ramban. 

Cette vision des choses nous fait donc comprendre que tout compte… et dans les deux sens. On peut se croire juste, et on peut l’être vraiment, mais pour le jugement de l’année, c’est sur un détail, ou une faute mineure à nos yeux que l’on peut être jugé.

Inversement, on peut se croire méchant, mais en fait une simple petite bonne action peut nous sauver.

C’est cela peut être l’ampleur du jugement. TOUT compte. Nous devons analyser tous nos actes. Réfléchir, repenser nos actions passées. Décider de penser nos actions à venir. Agir sans penser, c’est laisser le mauvais penchant agir à notre place. Agir en pensant, c’est grandir, et prendre conscience de ma condition humaine.


Chabbat Chalom

KETIVA VA’HATIMA TOVA


Stéphane Haim COHEN

www.limud.net