Ce soir, vendredi soir, nous commencerons l’année 5787. C’est Roch Hachana=La tête de l’année.
Il y a 3 ans aussi, 3 semaines avant le 7 octobre, Roch Hachana tombait un vendredi soir. Nous sortions d’une année où la division dans le peuple allait croissante. Aujourd’hui, qu’en est-il de la situation du peuple juif, en Israel ? dans le monde ?
Rien n’est parfait, mais probablement que nous sommes dans une meilleure situation qu’il y a 3 ans. Néanmoins cela ne suffit pas. Nous entrons ce soir dans la nouvelle année.
Nous sommes jugés à Roch Hachana. L’examen de conscience est nécessaire, au niveau personnel et au niveau collectif.
Ce n’est pas tout, nous allons aussi prier. Les liturgies contribuent à créer cette atmosphère propice au changement, à la remise en question.
Mais, si M. X est considéré comme coupable, comment une prière devant D. pourrait contribuer à son acquittement devant D. ?
Le Sefer Ha Iqarim du Rav Yossef Albo (15è siècle, Espagne) nous explique que l’homme qui prie se transforme. Après sa prière, l’homme n’est plus le même homme, il est donc logique que le jugement divin soit différent : D. ne juge plus le même homme.
Mais pour changer en priant, il faut comprendre le sens des mots prononcés. D’où la nécessité des livres traduits pour celui qui a des difficultés en hébreu. D’où la nécessité des livres expliqués, même pour ceux qui comprennent l’hébreu. La prière est tellement riche. Les allusions sont tellement omniprésentes, que cela mérite une étude approfondie.
Ainsi, je pourrais comprendre la prière. Mais dans comprendre, il y a prendre. Je dois prendre en moi ce que je dis. C’est ainsi que je me transforme.
Entre Roch Hachana et Kippour
Nous dirons Avinou, Malkénou = notre Père, notre Roi. Ce sont 2 façons de représenter notre relation à D.
Quand je dis que D. est notre père, cela signifie que je dois L’aimer comme un père. Cela signifie aussi que je lui dois du respect. Cela signifie que je sais qu’Il m’aime et que tout ce qu’Il fait est pour notre bien. Je L’implore comme un père qui aime Ses enfants.
Mais, dire que D. est NOTRE père cela signifie que nous sommes frères.
La base, c’est donc considérer l’autre comme mon frère. Si je ne suis pas d’accord, si je veux faire une remontrance, c’est avec l’amour d’un frère. Si je sais qu’il ne va pas comprendre et qu’il va mal le prendre, je ferme ma bouche.
Je dois accepter que mon frère ne pense pas comme moi. Je peux m’opposer idéologiquement avec mon frère, mais l’amour est là, je ne chercherai pas à l’écraser. C’est ainsi que l’on doit concevoir les relations avec les proches et dans le peuple en général.
Et si je considère l’Autre comme mon frère, alors forcément D. est NOTRE père.
D. est aussi NOTRE Roi. Cela signifie que l’on ne discute pas les décrets du Roi. Je dois oublier mon MOI, si je veux LE considérer comme notre ROI.
Mais, malgré les paroles, malgré les prières, ce n’est pas simple. Parfois, on dit des choses que l’on ne pense pas. Parfois on dit des choses que l’on ne pensera plus dans quelques jours. Mais tout le travail de l’homme est là. Un homme n’est pas un ange. Un homme est rempli de contradictions. Tout notre travail sur terre est de réduire nos contradictions.
Si vraiment je sais m’annuler devant le Roi, si vraiment, je sais Le considérer comme NOTRE père, alors forcément, la joie m’envahit. Il ne manque rien. Je compte sur D. Je suis entier. Et ainsi Roch Hachana est un jour de joie qui doit me transformer pour rendre toute l’année remplie de joie et de bonheur !
CHABBAT CHALOM
Chana Tova
Ketiva VaHatima Tova
Stéphane Haim COHEN
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