« Fais pour toi une arche en bois de Gofer … »
(Berechit 6,14)
Le verset ci-dessus fait référence à la construction de l’Arche avant le déluge. Noa’h et sa famille survivront. Le reste de l’humanité sera anéanti.
Dans la paracha de la semaine, nous vivons deux épisodes où l’humanité s’est opposée à son Créateur.
A l’époque de Noa’h, l’humanité a fauté et a été complètement détruite par le déluge. A la fin de la paracha, c’est la génération qui a voulu se séparer de son Créateur en érigeant la Tour de Babel.
Le Rav Desler dans Mi’htav MeEliahou, volume 2, page 155, nous parle du déluge, et de l’arche de Noa’h. Il explique que la Torah nous donne la cause du Déluge : “La fin de toute chair est venue devant Moi car la terre est remplie de violence” [Hamas, dans le texte] Berechit 6,13
Le Rav Dessler souligne donc que le déluge est la conséquence du ‘Hamas de la Torah = violence.
Il nous rapporte aussi la traduction de Onqelos de ‘Hamas = ‘Hatofin. En hébreu moderne, les ‘hatoufim, sont les otages, ceux qui ont été enlevés. ‘hatofin de Onkelos fait référence à ceux qui prennent, ce sont les voleurs.
Le déluge est donc la conséquence de la force du prendre. Le monde était rempli de gens qui prennent, il n’a donc plus de raisons d’être. Pour réparer il faudra le déluge, et l’arche de Noa’h. C’est le verset qui suit le diagnostic : “Fais pour toi une arche …” (Berechit 6,14).
En effet, pendant 1 an, dans l’arche, Noa’h et sa famille n’ont fait que donner. Il fallait s’occuper de nourrir les milliers d’animaux. C’est la bonté absolue. Donner, sans s'arrêter. et la fois où il a été en retard, Noa’h a été blessé par un lion ! Cette bonté qui a régné dans l’arche, c’était la lumière de l’arche nous explique le Rav Dessler. Même dans les jours les plus sombres, donner apporte la lumière spirituelle.
Le Rav Dessler continue en disant que Noa’h et sa famille ont été sauvés grâce à l’arche. Mais il y a encore mieux que l’arche. La guemara Zeva’him 113b nous dit que la Terre d’Israel n’a pas connu le déluge. Il existe un ‘hessed, une propension à donner, qui dépasse tout.
On peut donner par obligation. Et on peut donner parce que l’on cherche toujours à donner. Avraham cherchait des invités. Malgré la chaleur du jour, il recherchait des invités pour se mettre en position de pouvoir donner. Avraham, c’est le paroxysme de la bonté. C’est pour cela que Avraham a mérité la Terre d’Israel. Cette Terre vers qui le regard de D. est toujours tourné. C’est la terre de la bonté. Et c’est seulement celui qui donne comme Avraham, qui aura le mérite de la Terre qui donne. C’est seulement celui qui donne qui peut comprendre combien cette terre donne.
Cette terre n’a donc pas besoin du déluge… puisque c’est la Terre du ‘Hessed. Noa’h est Tsadik, il est juste le Juste de sa génération. Il donne quand il faut donner. Il a donc besoin de l’arche. Là, il aura la possibilité de donner et réparer les fautes de l’humanité qui ne cherchait qu’à prendre.
Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN
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