« Le Rocher [le Créateur] parfaite est Son œuvre, car toutes Ses voies sont jugement, un D. fidèle et sans iniquité, Il est juste et droit.»
(DEVARIM 32,4)
Ce chabbat, c’est chabbat Chouva, en référence à la haftara qu’on lira. Ce chabbat, entre Roch Hachana et Yom Kippour est donc une invitation au retour aux fondamentaux, au retour aux valeurs de la Torah.
La paracha Aazinou, que nous lirons Chabbat est un chant dans lequel Moshé prend le ciel et la terre à témoin. On y lira le verset en entête, qu’on ne peut pas ne pas mettre en parallèle avec Yom Kippour.
Nous allons nous présenter devant le Roi. Lundi après midi, après la lecture de la Torah de Min’ha de Yom Kippour, nous lirons le livre Yona (Jonas) en guise de Haftara.
J’ai un attachement particulier, familial au Livre de Jonas (!). Mais pourquoi le lit-on à Yom Kippour ?
Evidemment, il traite de repentir, le Prophète Yona, doit aller sermoner les habitants de Ninive, afin qu’ils reviennent dans le droit chemin.
J’aimerais relever 2 autres liens avec Yom Kippour.
1. La fuite
Yona reçoit la mission divine. Il doit aller susciter le repentir de Ninive. Mais Yona fuit. Il a une mission… et il fuit ! Yona est en fait un miroir pour nous. Il a une mission. Chaque humain a une mission. Il faut découvrir cette mission. Mais une fois que l’on se connaît suffisamment et que l’on connaît sa mission, combien de fois allons-nous fuir ?
Nous allons nous créer de fausses obligations. Nous allons nous créer des occupations. Ainsi, plus besoin de penser. Nous allons être empêtrés dans le quotidien… C’est la fuite. Nous prendrons l’accessoire pour l’essentiel.
Et même lorsque nous quitterons le quotidien, pour partir en vacances … c’est encore la fuite.
Prenons-nous le temps de penser ? Prenons le temps de découvrir ce que nous devons faire ? Et si c’est fait, mettons-nous les moyens en place pour accomplir ce que nous devons faire ? Faisons-nous les efforts pour nous accomplir ? D. nous a donné un potentiel exceptionnel. Faisons-nous ce qu’il faut pour le réaliser ?
Quand nous nous approcherons des 120 ans, que pourrons-nous dire ? Que reste-t-il ? Qu’avons-nous fait de de notre vie ? Et cela passe vite “Ses jours passent comme une ombre”.
Yom Kippour est là pour que l’on puisse dire STOP. Finie la fuite. Il faut analyser son passé, pour tenter de nous corriger et donner du sens à notre vie.
Comme Yona, nous aussi on fuit. Mais le prophète nous dit qu’au bout du compte on se fait rattraper. Alors … autant ne pas fuir. Décidons d’être !
2. Le Kikayon
Le mois de Eloul passé m’a fait découvrir le Kikayon qui est devant moi. A la fin du Livre, Yona se retire à l’extérieur de la ville. D. lui fait pousser miraculeusement un Kikayon (un ricin). Cet arbre va le protéger, lui apporter de l’ombre. Yona s’en réjouit très fortement. Mais le lendemain, D. fait sécher, l’arbre. Yona est démoralisé. il dit “Ma mort est plus souhaitable que ma vie”.
Parfois, on reçoit un cadeau du Ciel, et on en est heureux, d’une joie intense. Et peu de temps après, le soufflé retombe. Le cadeau disparaît. C’est la désolation. Les angoisses.
Mais avons-nous oublié que 2 jours avant, il n’y avait pas de cadeau.
D. a donné, D. a repris, simplement. La joie du cadeau, comme la tristesse après sont juste des incitations à penser. Mon bonheur ne doit pas dépendre de ce qu’on me donne ou qu’on me prend. Mon bonheur, je dois le construire.
Mon bonheur ne doit pas dépendre du cadeau d’un autre, du gentil mot de l’autre ou de son sourire. Mon bonheur viendra de mon accomplissement personnel. La plénitude, c’est lorsque je me connaîtrai et que j’accomplirai ma mission.
CHABBAT CHALOM
Gmar ‘Hatima Tova
Stéphane Haim COHEN
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