Ki Tavo 5786

 « Maudit soit celui qui frappe son prochain en cachette, et le peuple répondra Amen»
(DEVARIM, 27,24)

Cette semaine, nous lisons la Paracha Ki Tavo. Cette longue paracha comporte des bénédictions, mais aussi et surtout 98 malédictions terribles. Cela remet les idées en place avant le jugement à Roch Hachana. 
Avant le passage des malédictions, la Torah nous explique la cérémonie à réaliser après que le peuple ait passé le Jourdain. Il faudra répartir le peuple en deux, sur les Monts Geririzim et Eval. Les Leviim y diront une série de bénédictions et une série de malédictions, et le peuple répondra Amen.


Le verset en entête présente une de ces malédictions : Maudit soit celui qui frappe son prochain en cachette. Rashi explique que frapper en secret c’est faire de la médisance. Parler dans le dos de quelqu’un, même si c’est une vérité…. 

Le fils demande : Papa, pourquoi maudire celui qui fait du Lachone Hara, c’est si grave ?

Le père : tu me demandes pourquoi maudire celui qui a fait du lachone ara ? moi je te dis pourquoi faire  du lachone ara ?

Le fils : c’est vrai, à quoi cela sert ?

Le père : en vrai, cela ne sert à rien de médire… et pourtant cela se produit souvent.
D’abord, celui qui médit sur les autres se rassure. Il évite de penser à ses propres problèmes. Il évite d’analyser son comportement, puisqu’il va s’intéresser aux défauts des autres.

Ensuite est-ce tu imagines Elon Musk dire que le simple Steven Smith, employé dans les entrepôts de Amazon, est foncièrement bête. Non, ils ne jouent pas dans la même cour. On ne fait de la médisance que sur quelqu’un qui me ressemble, qui m’est comparable. En faisant de la médisance, je vais pouvoir en fait me rassurer. Je suis mieux que lui.

Le fils : mais parfois on fait du lachone ara parce que quelqu’un nous a énervé !

Le père : c’est vrai, l’autre peut avoir tort. Mais dois-je répéter ce qu’il m’a fait ? D’abord suis-je vraiment sûr que l’autre se comporte mal ? N’est-ce pas simplement de la jalousie gratuite. J’envie l’autre, il a ou il est ce que je ne suis pas, cela me rend malade… alors je vais déverser cette énergie négative qui est en moi pour tenter de la rabaisser.

Le fils : Mais si l’autre a fait du mal ?

Le père : Et s’il a fait Techouva ? Peut-être a-t-il demandé pardon ?

Le fils : qui dit que sa demande de pardon est sincère ?

Le père : L’homme agit avec ce que ses yeux voient. Quelqu’un qui a demandé pardon, je dois considérer que c’est sincère, bien évidemment, à condition qu’il ne recommence pas. Mais de toute façon, pardon sincère ou pas, rien ne me donne le droit de colporter le mauvais comportement de l’autre. 

Le fils : Papa, c’est très difficile parfois de se retenir de faire du lachone ara !

Le père : et oui ce n’est pas simple. Et on tombe rapidement dans un cercle vicieux… toujours plus de médisance ! Au mois de Eloul, c’est le moment de se remettre en question. Et avec l’aide du Ciel, celui qui veut vraiment changer, et s’améliorer, réussira. Et ainsi les malédictions, le lachone ara, il les laissera derrière lui. Et l’année nouvelle ne sera que bénédictions !

Chabbat Chalom

KETIVA VA’HATIMA TOVA


Stéphane Haim COHEN

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