Vayakhel 5786

« Les hommes et les femmes vinrent, tous les généreux de coeur apportèrent, des colliers, bagues … »
(CHEMOT 35,22)


Cette semaine, nous lirons la paracha Vayakel et Pekoudé. Avant de re-présenter la construction du sanctuaire (Michkan = Temple démontable du désert), la Torah nous souligne encore une fois l'importance du chabbat. 
En effet, nous apprenons que le chabbat prime sur la construction du Michkan, le Temple démontable du désert. Les 39 [ELE] travaux interdits le chabbat (et leurs dérivés), sont ceux qui ont permis la construction du Michkan.

Sur le verset en entête, on peut apprendre beaucoup de choses. Ainsi, la guemara ‘Haguiga 10a nous rapporte : Rabbi Yits’haq dit “Tout généreux de coeur” [du verset en entête], c’est l’allusion de la Torah à la possibilité de permettre les voeux [Hatarat Nedarim].

Le Torah Temima explique que dans la Paracha qui traite des voeux, Matot, c’est seulement le père ou le mari qui peuvent permettre les voeux. Or, les maîtres ont donné au sage ce même pouvoir, et c’est un héritage qui se transmet de génération en génération depuis Moshé Rabénou. Le Torah Temima nous dit donc que c’est pour cela que nos maîtres ont souhaité trouvé un appui dans la Torah.

Le Torah Temima nous explique sa compréhension de l’allusion. “Tous les généreux de coeur apportèrent”. Même lorsqu’ils ont apporté c’était par générosité. On sous-entend ainsi, qu’il y a le moment où l’on fait le voeu, sur un élan du coeur. Et ensuite il y a le moment où on apporte le voeu. Entre temps, on peut avoir annulé le voeu en allant devant le sage. 

Le même verset, les mêmes mots sont apportés dans la guemara Chevouot 26b, pour une explication complètement différente. Une brayta nous dit : “ce qui sort de ta bouche tu garderas”, je sais que l’on doit respecter ce qui est prononcé (qui sort de la bouche), d’où sait-on que l’on doit aussi respecter que l’on a décidé dans notre coeur (sans le prononcer) ? il est écrit “tous les généreux de coeur” (verset en entête).

Le Torah Temima explique que l’on a juxtaposé dans le verset “tous les généreux de coeur apportèrent”. Quand le coeur a décidé, il faut apporter. Le Torah Temima nous précise que ce n’est valable que pour des voeux concernant les dons sacrés (Hekdech). 

Mais qu’en est-il des voeux pour la tsedaka ? Sont-ils considérés comme des voeux du hekdech ? Suffit-il de les avoir pensés pour avoir l’obligation de les respecter ?

Alors que certains doutent, le Torah Temima, ne comprend pas les interrogations. Pour lui la tsedaqa est comparée aux sacrifices au Temple… Il faut donc trancher avec rigueur, celui qui a pensé faire un don (tsedaqa), même s’il ne l’a pas dit, est obligé de respecter son voeu.

Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN


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