Yitro 5786

«Moshé fit sortir le peuple du camp, devant D., ils se tinrent au pied de la montagne» Chemot (19,17).

Cette semaine nous vivons le but de la sortie d’Egypte, le Don de la Torah. 

C'est dans la paracha Yitro que tout le peuple va atteindre le niveau de prophète, à tel point que chacun pourra percevoir directement le message divin.

Yitro a entendu la victoire contre Amaleq, et le miracle de l’ouverture de la mer, et il est venu. Les Bné Israel ont vu les les plaies en Egypte, ils ont vu les Egyptiens se noyer dans la Mer. Ils ont vu des événements exceptionnels. Ils ont chanté, pour remercier D. Comment pourraient-ils maintenant refuser la Torah ?

C'est peut-être le sens de la guemara Chabbat 88a. D. a suspendu la montagne au dessus du peuple. Si vous acceptez la Torah, très bien… Mais si vous la refusez, ici sera votre tombeau.
On peut donc comprendre le midrach comme l’obligation pour les Bné Israel d’accepter la Torah! Rav a’Ha bar Yaaqov dit que l’on aura ainsi une porte de sortie. Si le peuple s’éloigne des commandements de la torah, il pourra toujours arguer que nous avons été contraints de l’accepter !

Le Kli Yakar nous dit qu’il ne faut pas forcément comprendre le midrach au premier degré. Il ne veut pas accepter l’idée que nous ayons été forcés d’accepter la Torah. Il nous explique que D. nous a donné un bon conseil : acceptez la Torah, sinon votre vie ne sera pas une vie, mais plutôt une mort. La Torah fera que votre vie sera une vraie vie. 

Il continue en expliquant la signification de la menace “ici sera votre tombe”. Les Bné Israel sont dans le désert. La Terre d’Israel a été promise à condition de respecter la Torah. Donc si le peuple n’accepte pas la Torah, il ne pourra pas entrer en Israel, et donc automatiquement, ils mourront dans le désert ! Le Kli Yakar précise, sans la Torah, pas de part au monde futur. Dans un tel cas, à quoi bon être enterré en terre d’Israel  ?

En fait, il existe un lien fondamental entre la Torah et le monde futur, ou la vie éternelle. La Torah est infinie. Lorsqu’on lit un livre normal, on le commence, on le termine, et on le range. La Torah, c’est le livre perpétuel. Sans arrêt, on peut l’étudier, y trouver du sens. La Torah est infinie. Et ainsi nous nous rapprochons de Celui qui est Eternel et Infini. 

Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN

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