REE 5786

“Rien ne s’attachera à ta main de la propriété bannie afin que D. revienne de Sa colère brûlante, te donne de la clémence et ait pitié de de toi et te multiplie”
Devarim 13,18

Cette semaine, nous lisons la Paracha Réé, comme dans la plupart des parachyot du dernier livre de la Torah, Moshé donne ses recommandations aux Bné Israel, avant que le peuple entre en Israel.
Le verset en entête conclut le passage de notre paracha sur la ville qui s’est détournée de D., “Ir hanida’hat”. C’est une ville, en terre promise, qui a plongé dans l’idolâtrie. La Torah nous donne l’ordre de détruire cette ville et de ne pas profiter du butin. 
Selon Rabbi Eliezer, dans Sanhédrine 71a, c’est une loi théorique. Les conditions d’application sont tellement restrictives que l'on ne peut pas infliger cette peine. La Torah nous donné cette loi uniquement dans un but pédagogique.


Une fois n’est pas coutume, je vais rapporter le Or Ha’hayim. Et comme je n’ai pas l’habitude de l’étudier (c’est probablement un tort, me dirait un proche) j’espère que je ne dirai pas de bêtises.

Le Or Ha’hayim s’intéresse à la fin du verset : 
“[Que D.] te donne de la clémence et ait pitié de de toi”

Il explique que D. nous a ordonné de détruire la ville qui s’est détournée, ainsi que ses habitants, son bétail, … cela va forcément créer une nature cruelle dans le coeur de l’homme.

Il continue en citant ce qu'ont raconté les Ychmaelim, la secte des assassins, dans le texte qui parle du roi : ils ont plaisir à tuer, ils ont perdu la clémence pour devenir cruels.
C’est pourquoi la Torah a besoin de promettre la clémence à celui qui doit appliquer la peine contre la ville qui s’est détournée. 

Même si c’est théorique ici, la Torah nous dit que tuer, même à juste titre, sur ordre divin, transforme le coeur de l’homme. Les actes transforment notre nature profonde vers le bien ou vers le mal.
 

Nous avons besoin du cadeau divin, un surplus de clémence qui nous permettra de compenser cette cruauté. Et ainsi, nous mériterons la clémence de D. (fin du verset). C’est seulement celui qui est clément avec l’autre, qui méritera la clémence de D.

Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN, www.limud.net