Chofetim 5786

« Des juges et des policiers tu placeras pour toi dans toutes tes portes que D. te donne donne pour tes tribus; et ils jugeront le peuple avec un jugement juste. »
(DEVARIM 16,18)

Nous entrons aujourd’hui dans le mois de Eloul. C’est le mois qui va nous conduire à Roch Hachana, le jour du jugement.
Cette semaine, nous lisons la Paracha Chofetim, comme dans la plupart des parachyot du dernier livre de la Torah, Moshé donne ses recommandations aux Bné Israel, avant que le peuple entre en Israel.
La Torah nous demande de mettre en place une institution judiciaire dans chaque ville.
Le Kli Yakar explique que la Torah s’adresse à celui qui a le pouvoir : “tu placeras pour toi”. Celui-ci aura la mission de nommer des juges indépendants qui ne lui seront pas reconnaissants ! Il faut d’abord que le juge soit en mesure de juger celui qui le nomme. C’est la séparation des pouvoirs. 
Et, si le juge est assez fort pour ne pas favoriser celui qui l’a nommé, à plus forte raison qu’il ne favorisera pas les autres justiciables.
Le Kli Yakar, explique aussi, que pour être en mesure de juger le peuple, il faut d’abord être propre. “Tu placeras pour TOI”, nous fait comprendre qu’il faut d’abord être exemplaire, pour ensuite être capable de juger les autres. 


Nous sommes aujourd’hui le 1er Eloul, le mois où commence la remise en question PERSONNELLE. A l’instar des juges, il faut d’abord être exemplaire et se corriger soi-même, avant de vouloir corriger les défauts des autres.
Le verset suivant nous demande de ne pas pervertir le jugement, de ne pas faire de favoritisme, de ne pas prendre de présent corrupteur( Devarim 16,19). Et au verset 21 et suivants, on nous donne des ordres concernant l’autel sur lequel nous apportions les offrandes. Le Kli Yakar s’intéresse à la succession de sujets apparemment distincts.
Le Midrach Raba raconte que sur les 6 marches du trône du Roi Salomon, on trouvait une citation des 6 interdits du début de la paracha. D’abord ceux sur la justice : ne pas pervertir le jugement, de ne pas faire de favoritisme, de ne pas prendre de présent corrupteur. Puis ceux de l’autel : pas d’achera près de l’autel, l’autel ne doit pas être une stèle (une seule pierre), pas de sacrifice avec un défaut.
Il y a donc un lien fort entre rendre la justice et le service au temple, puisque même sur le trône du roi Salomon, ces interdits étaient réunis.

Le Kli Yaqar explique le message. Il n’y a que D. qui juge seul. Les juges humains ne jugent jamais seuls (3, 21, ou 71 pour les tribunaux). Comme l’autel, ce n’est pas une stèle unique, c’est un rassemblement de pierreS.

De la même façon que l’autel est fait de pierre et de terre et pas d’un métal noble, le juge doit rester simple. C’est l’orgueil qui pervertira le juge. Un bon juge doit avoir les pieds sur terre. Sa mission ne doit pas être au service de son orgueil personnel. A l’orée de Eloul, c’est encore un message pour nous. Lorsque l’on agit, lorsque l’on parle, lorsque l’on “fait techouva” sommes-nous au service de notre orgueil personnel ? Savons-nous vraiment nous remettre en question et sortir de nos zones de confort ?

Chabbat Chalom
Ketiva Va Hatima Tova
Stéphane Haim COHEN
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