Tsaw 5786 - Chabbat Hagadol
“Vous reviendrez et vous verrez la différence entre le juste et le méchant, entre le serviteur de D. et celui qui l’a pas servi” (Mala’hi 3,18)
Cette semaine, nous lisons la paracha Tsaw. C’est la seconde paracha du 3è livre de la Torah, le lévitique. Cette paracha, comme la plupart des parachiot du Lévitique, est consacrée au service du Temple.
Une fois n’est pas coutume, le verset en entête est tiré de la haftara que l’on lira après la paracha. La haftara de Chabbat Hagadol. Ce chabbat précède Pessa’h, la fête qui va nous faire vivre la libération avec la sortie d’Egypte.
La Haftara parle de la libération future. D. nous enverra Eliahou, le prophète. Le verset en entête nous dit qu’à la libération finale, nous verrons la différence entre le juste et le méchant.
En effet, dans notre monde, nous voyons des méchants qui vivent heureux, et vieux, et des justes qui souffrent. Aux temps futurs, nous comprendrons le pourquoi. Nous verrons clairement la Providence Divine.
Cette semaine, avec un ami, nous nous sommes intéressés au pourquoi de l’exil en Egypte. Et, une fois n’est pas coutume, nous avons lu ensemble le début d’un texte du Rav Doron Ronen sur le sujet. C’est l’auteur des sidur Kavanat Halev.
Il rappelle que l’Exil d’Egypte a été promis à Avraham dans la paracha Le’h Le’ha, Brit Ben Hamétarim. La guemara Nedarim 32a veut donc trouver une faute d’Avraham pour comprendre la punition. Rabbi Habaou dit que c’est parce qu’il a enrôlé des sages pour faire la guerre. Shmouel dit parce qu’il a remis en question la promesse divine en disant “Comment saurai-je que je l’hériterai (la Terre).
Le problème est qu’il y a une disproportion flagrante entre la faute présumée d’Avraham et la punition collective, les souffrances de l’esclavage. En plus, si c’est Avraham qui faute, pourquoi sont-ce ses enfants qui trinquent !
Notons aussi, que ce ne sont pas tous ses enfants qui ont été punis. Esaw a hérité directement de sa terre, il n’a pas connu l’esclavage.
Cette question du pourquoi de l’esclavage, Moshé aussi l’a posée. Moshé demande “Pourquoi as Tu fait du mal à ce peuple ?” (Chemot 5,22)
למה הרעותה לעם הזה
Cette question qui hante notre quotidien, pourquoi certains souffrent et d’autres non ? Pourquoi tant de choses qui nous semblent injustes ?
Le Maharal dans Guevourot Hachem souligne aussi la disproportion entre l’exil et la faute supposée d’Avraham. Il nous explique donc que tout l’exil d’Egypte a pour but de diffuser la grandeur du nom de D. dans le monde. Les fautes d’Avraham ne sont là que pour habiller l’évènement.
Le Rav Ronen apporte aussi le Tséda la Dere’h. En fait, la seule punition a été l’annonce faite à Avraham. Lorsqu’Avraham entend que sa descendance sera esclave dans une terre étrangère, il souffre. C’est Sa punition, pour Ses éventuelles petites fautes. Mais, l’exil en Egypte, et l’esclavage, ne sont pas une punition.
Alors Pourquoi ?
Le Rav Ronen rapporte le Chla, qui nous dit que l’Egypte était le passage nécessaire pour les Bné Israel pour apprendre la soumission, et ainsi pouvoir servir D. par la suite.
Le Rav Ronen n’est pas complètement satisfait par cette réponse, il en propose d’autres dans sa publication, que je n’ai pas fini de lire.
https://forum.moreshet-maran.com/threads/%D7%A1%D7%99%D7%91%D7%AA-%D7%92%D7%9C%D7%95%D7%AA-%D7%9E%D7%A6%D7%A8%D7%99%D7%9D-%D7%A2%D7%9C-%D7%93%D7%A8%D7%9A-%D7%94%D7%A4%D7%A9%D7%98.2836/
Mais ce qu’on doit noter, c’est que l’esclavage, l’exil, les souffrances, sont terribles au premier abord. Mais c’est en Egypte qu’est né notre peuple. C’est grâce à notre passage que nous avons pu recevoir la Torah et la Terre d’Israel.
Combien de fois la Torah nous demande de nous souvenir que nous sommes sortis d’Egypte ! Combien de fois la Torah a juxtaposé certains commandements à la sortie d’Egypte !
La Torah veut nous faire comprendre que les souffrances peuvent être dépassées. Et plus encore ! Les souffrances peuvent être transformées en force pour grandir. C’est ce qu’on verra à la fin des temps ! Nous comprendrons tout ! Nous comprendrons que les souffrances passées étaient en fait des opportunités.
Alors c’est vrai, on dirait que l’histoire s’accélère. Il y a des souffrances. Des sirènes, des blessés, des endeuillés. Prions, oui Prions ! Progressons ! et