Vayakhel 5785

« Durant 6 jours le travail sera fait, et le 7è jour sera saint pour vous..»
(CHEMOT 35,2)


Cette semaine, nous lirons la paracha Vayakel. Avant de re-présenter la construction du sanctuaire (Michkan = Temple démontable du désert), la Torah nous souligne encore une fois l'importance du chabbat.
En effet, nous apprenons que le chabbat prime sur la construction du Michkan, le Temple démontable du désert.
Les 39 travaux interdits le chabbat (et leurs dérivés), sont ceux qui ont permis la construction du Michkan.

J’ai tenté de réfléchir au pourquoi de ce lien si fort entre la construction du Michkan et le chabbat? J’espère que je ne dirai pas de bêtises.

Le Michkan, c’est le lieu que nous consacrons à D. sur terre. C’est un lien avec le divin. En construisant le Michkan, je me rapproche de D.
Et bien Chabbat est aussi une construction. Le Chabbat est le pilier du foyer juif. C’est par le chabbat que l’on construit une famille épanouie. C’est une étape nécessaire, mais pas toujours suffisante. Chabbat et le temps de prédilection pour transmettre le judaïsme à ses proches.
Chabbat me permet de devenir propriétaire de mon temps. Chabbat c’est la liberté. Et seul  l’homme libre peut se rapprocher de D.

Le Michkan est une construction physique. Et comme toute construction, il faut un ordre, une planification, un financement. La moindre imprécision se paie par des retards et des défauts de construction. Construire le michkan est donc exigeant. Je ne peux pas m’improviser bâtisseur. C’est peut-être la raison pour laquelle la Torah présente à 5 reprises la construction du michkan.
Pour le chabbat, c’est pareil. Je ne peux pas l’improviser. D’abord parce que si je ne l’étudie pas, alors il est certain que je le profanerai.
Chabbat doit aussi être planifié. Si je veux passer un bon chabbat, je dois le préparer avant. Celui qui s’est fatigué la veille de chabbat, pourra manger chabbat !
Et celui qui est prêt pour chabbat bien avant chabbat passera un bien meilleur chabbat.

Ki Tissa 5785


«… Le peuple se rassembla autour de Aaron, ils lui dirent, Fais nous des dieux qui marcheront devant nous….» CHEMOT (32,1).

La Paracha Ki Tissa est marquée par l'épisode du veau d'or et sa conséquence : la destruction des premières Tables de la Loi.
En effet, Moshé, après la révélation du 6 siwan « monte » pour recevoir la Torah. A la fin des 40 jours, D. lui dit de descendre. Le peuple s’est corrompu.
Le peuple a l’impression que Moshé n’est plus. Le peuple demande à Aaron de lui fabriquer des dieux (verset en entête). C’est un veau d’or qui va sortir.

Ce veau d’or est l’idole par excellence, c’est l’archétype de toutes les idolâtries. La Torah nous montre ici que l’idolâtrie peut frapper partout, n’importe quand, et même ceux qui sont proches de D.

Ce soir c’est le 14 adar, c’est Pourim ! Il y a un grand point commun entre la paracha de la semaine et Pourim.
A Pourim, comme nous l’avons expliqué la semaine dernière, D. est caché. Tout semble naturel, et pourtant l’enchaînement des événements est surnaturel. Le travail de Pourim est de nous apprendre à ouvrir les yeux pour découvrir la main de D.

Dans la paracha Ki-Tissa, tout se passe comme si D. se cache. Même Moshé, qui est monté pour recevoir la Torah semble avoir disparu. Le peuple, pour la première fois depuis la sortie d’Egypte, doit faire face à ce qui s’apparente à de la solitude. Il n’y a plus de guide.


A travers la faute du veau d’Or, la Torah souhaite peut-être nous apprendre comment chaque individu doit trouver son chemin. Moshé s’est absenté 40 jours. Le peuple n’est plus en contact avec le divin. Le peuple doit faire face à une alternative : trouver un remplaçant, ou tenter de retrouver l’original.


La solution de facilité, c’est l’idolâtrie. Il faut une divinité pour m’empêcher de réfléchir. Il faut un guide, grâce auquel j’oublie mon moi.


En juillet 1912, durant les derniers jours de la vie de l’Empereur Meiji, des milliers de japonais se sont réunis autour du palais pour prier pour son rétablissement. Des hommes, des femmes, des enfants se sont donnés la mort pour demander aux dieux de la religion shintoïste d’échanger leur vie contre celle de Meiji…. sans succès.
En fait, la Torah ne veut pas que l’on sacrifie l’individu sur l’autel de la religion, de D., ou du guide. Moshé s’efface pendant 40 jours. D. n’est plus présent. C’est un avant goût de l’histoire du peuple juif. On pourra très bien croire que D. est absent. Mais c’est tout le contraire. Le divin se retire pour donner à l’homme l’opportunité d’aller lui-même découvrir le divin.
Dans Ki Tissa, l’essai fut un échec. Nous sommes tombés dans le piège de l’idolâtrie. L’homme recherche souvent ce qui est facile et agréable… d’où l'idolâtrie. Plus besoin de réfléchir ! Plus besoin de faire des efforts !


A Pourim, même si nous ne sommes pas passés loin de la catastrophe,

Tetsawe 5785 - Chabbat Za’hor - Pourim

« Tu feras des vetements saints pour Aaron, ton frère, en gloire et en majesté »
(CHEMOT 28,2)

La Paracha Tetsawe est la suite logique de la Paracha de la semaine dernière (Terouma). Après avoir expliqué la construction du Michkan, le sanctuaire, la Torah présente le Cohen qui y travaillera. La Torah insiste donc sur les habits du Cohen, et sur les tâches que ce dernier accomplira.


Ce chabbat, nous lisons aussi le passage de Za’hor, l’obligation de se souvenir de ce que nous a fait Amaleq. En effet, ce passage est lu le chabbat qui précède Pourim.

Notre paracha présente une particularité. C’est la seule paracha de la Torah, depuis Chemot, qui ne cite pas le nom de Moshé. Moshé est caché dans cette paracha. De même dans la Meguila d' Esther que l’on lira à Pourim, le nom de D. n’apparaît pas. D. se cache.
Esther, est construit aussi sur la même racine que le mot niSTaR = caché.
Les vêtements cités dans le verset en entête sont aussi un moyen de cacher l'intériorité.


Cette semaine, j’ai étudié avec un ami le Mi’htav MeEliyahou sur Pourim, au sein du volume 2. Cela m’a fait du bien. J’ai eu l’impression de vivre Pourim… bien mieux qu’en se saoulant, ou en faisant des blagues.
Le Mi’htav MeEliyahou nous présente un chapitre sur le Miracle Caché, je vous le recommande vivement.
Il s’inspire beaucoup du Or ‘Hadach du Maharal (qu’il cite très souvent). Le Mi’htav MeEliyahou demande pourquoi la guemara Meguila 16, insiste tant sur l’offrande du Omer qui a contrebalancé la volonté de Aman d’exterminer le peuple juif. L’étude de Morde’hay des lois de l’offrande du Omer (1ere récolte d’orge de l’année) a vaincu les 10000 pièces d’argent donnés par Aman pour exterminer les juifs. Quel rapport entre l’offrande du Omer et Pourim ?

Le Mi’htav MeEliyahou explique que les miracles ne peuvent pas créer la foi en D.
Comme le dit le Rambam dans le Chapitre 8 de Yesodé Hatorah, celui qui croit en D. grâce aux miracles a une foi imparfaite. D’ailleurs tout dépend de celui qui voit les miracles. La génération de la tour Babel a vu le déluge qui a sévi au temps de Noa’h comme une simple catastrophe naturelle qui se produit toutes les X années.
Tout le monde n’a pas forcément la capacité de voir dans la nature la main de D.
Le Omer, l’offrande d’Orge étudiée par Morde’hay est le symbole du sacrifice venant de la nature. On  devait aller chercher de beaux épis, les premiers de l’année pour les sanctifier. C’est une offrande écologique, qui vient de la nature.


Cela nous permet de décerner la présence de D. dans la nature. Le midrach Raba de Vayiqra / Emor nous l’explique. Combien de miracles ont eu lieu avant de pouvoir récolter ces épis ! D. a envoyé du vent, des nuages et de la pluie au bon moment, au bon endroit. Des pousses sont sorties de la terre. Des épis se sont formés….
Le Maharal explique qu’à l’époque où on ne voit pas de miracles dévoilés, à l’époque où l’on pense que le monde avance selon des lois immuables, le Omer doit nous permettre de déceler la main de D. au dessus de ce que l’on perçoit comme des lois naturelles. Et en décelant, l’intervention divine dans ce qui est caché, on a le mérite d’assister à des interventions divines, un peu moins cachées. C’est ce qui s’est passé à l’époque de de Pourim. Tous les événements semblent naturels. Le nom de D. n’apparaît pas dans la Méguila. Le Omer étudié par Morde’hai, à savoir la volonté de chercher D. dans la nature, dans le quotidien qui semble insignifiant, a contribué à apporter la délivrance.


En ouvrant les yeux, on découvre l’ampleur des miracles de Pourim. Aman a été pendu le 16 nissan, le jour où l’on apportait l’offrande du Omer au Temple. Le fait que tout se soit inversé,

Terouma 5785

« Parle aux enfants d'Israel qu'ils prennent pour Moi un prélèvement [=Terouma] de tout homme que son cœur rendra généreux. Vous prendrez Mon prélèvement.»
(CHEMOT 25,2)

La paracha de la semaine est consacrée à l’explication de la construction du Michkan (= Temple démontable utilisé dans le désert) et à celle des ustensiles qui y étaient utilisés (l’Arche, la Ménora, la Table …). La paracha commence par exposer le financement de cette construction.


Le Michkan, puis le Beit Hamiqdach, c’est le lieu que nous devons construire, pour accueillir la Présence Divine sur terre.

Le Rav Yonathan Zacks zal s’intéresse à la traditionnelle question. Comment est-il possible de concevoir que l’homme doit construire un espace fini pour accueillir la présence divine infinie ?

Je vous invite à étudier ses commentaires sur la paracha, dans Sig Ve Sia’h, qui existe aussi en français.

On pourrait compléter la question sur le pourquoi du michkan, par le pourquoi du financement ? Pourquoi la Torah nous demande de donner pour D. ?

En fait, tout ce qui a trait au service divin ne doit pas être conçu comme un service que je rends à D. (D. préserve). Servir D., c’est grandir.
Ainsi, la Torah veut que je donne pour D. parce qu’en donnant je vais grandir. C’est un moyen pour me rapprocher de D.

Dans un mariage, les époux doivent donner à leur conjoint, c’est ce qui constituera la base de l’édifice qu’ils construiront. En donnant, je vais me rapprocher de l’autre, et forcément, je vais l’aimer.

D’ailleurs l’amour et le don sont liés. Le verset en entête nous dit que c’est le généreux de coeur qui donne. Celui qui aime donne, et celui qui donne aime.
Les parents aiment forcément les enfants, parce qu’ils donnent à leurs enfants depuis leur naissance. Et cette relation n’est pas forcément symétrique. Les enfants n’aiment pas autant leurs parents, que les parents aiment leurs enfants. C’est naturel. C’est la raison pour laquelle, on a vu aujourd’hui dans le Daf Hayomi, Sanhédrine 72b, que la loi concernant le voleur qui s’introduit dans une maison, et qui se rend passible de mort pendant le délit, n’est pas la même si le voleur est le fils ou le père du propriétaire.

Quand les enfants grandissent, on leur apprend à donner, c’est ainsi, qu’ils apprendront à aimer les autres.

Quand un enfant entre dans la crise d’ado, il risque de s’enfermer. Il rejette ses parents qui ne le comprennent pas. Donner est essentiel. L’adolescent doit recevoir l’amour gratuit de ses parents, pour lui montrer que l’on peut aimer sans rien attendre en retour. Et pour tenter de renouer des liens avec l’ado, il faut essayer de se débrouiller pour qu’il donne.

Michpatim 5785

«Quand tu acquerras un esclave hébreu, 6 ans il travaillera, et la 7è année, il sortira libre» CHEMOT (21,2).

La Paracha Michpatim présente essentiellement des mitswot « sociales » qui régissent les relations entre l’homme et son prochain.
De la même façon que les 10 paroles (les 10 commandements, dans la Paracha précédente, YITRO) proviennent du Mont Sinaï, le lieu de La Révélation, les lois sociales sont aussi issues du Mont Sinaï (Rachi).

Le Rav Jonathan Sacks zal, dans son livre Sig Ve Sia’h, commentaires sur la paracha, nous présente un sujet nommé : “Une vision et des détails”.
Il nous explique que la Torah, dans le livre de l’Exode, nous a montré la naissance du peuple juif : l’esclavage, le rêve de la liberté, les 10 plaies, la sortie d’Egypte, le don de la Torah.
C’est la grande histoire, la révélation avec le Don de la Torah.

Mais, avec notre paracha, tout se passe comme si le soufflet retombe. Nous sommes passés du spectaculaire, du grandiose aux petits détails de la vie quotidienne.
Le Rav Jonathan Sacks explique que l’apanage des grands dirigeants est de savoir harmoniser leur vision de la société avec les petits détails du quotidien.

Le Rav Jonathan Sacks nous raconte qu’on a demandé à 3 tailleurs de pierre qu’ils nous disent ce qu’ils font dans la vie :

  • le premier a répondu je taille des pierres
  • le second a dit je gagne ma vie
  • le troisième a dit : je construis un château

Celui qui travaille et qui a une vision est forcément plus heureux, il a un but dans la vie !

Le dirigeant qui sait montrer une direction participe au bonheur des individus. Ils ont un sens dans la vie. Mais les grandes idées ne suffisent pas.

L’attention qu’on porte aux détails fera la différence entre le grand dirigeant et le moyen.

La paracha nous montre le chemin. Les grandes idées ne suffisent pas pour faire avancer le peuple. Il faut intégrer la vision, dans les détails du quotidien.
Ainsi, l’idée de liberté que diffuse la Torah, est mise en application avec la première loi de la paracha (verset en entête). L’esclavage devient à durée déterminée. Auparavant, on naissait esclave.

Yitro 5785

«Le beau-père de Moshé (Yitro) lui dit : ce n’est pas bien la chose que tu fais» CHEMOT (18,17).
«Et vous serez pour moi un royaume de prêtres, et un peuple saint …» CHEMOT (19,6).

Cette semaine nous vivons le but de la sortie d’Egypte, le Don de la Torah.
C'est dans la paracha Yitro que tout le peuple va atteindre le niveau de prophète, à tel point que chacun pourra percevoir directement le message divin.

Au début de la paracha, Moshé a reçu, de son beau-père Yitro, une leçon de gouvernement. Yitro lui dit en faisant référence à sa façon de gouverner : “ce n’est pas bien la chose que tu fais” CHEMOT (18,17)
Il y a donc un contraste étonnant entre le début et la fin de la paracha. Au début, nous écoutons les conseils de Yitro pour diriger le peuple. La seconde partie c’est D. qui se dévoile devant le peuple en entier pour donner les lois morales les plus connues de l’univers : les 10 commandements.
Le Rav Jonathan Sacks zal, dans son livre Sig Ve Sia’h, commentaires sur la paracha, nous présente un sujet nommé : “Un royaume de prêtres”. C’est une allusion au verset en entête. D. nous demande d’être un “mamle’het cohanim”, un royaume de prêtres.


Il tente de nous expliquer le grand écart que l’on trouve dans la paracha.


Avec Yitro, nous devons comprendre que le mode de gouvernement d’un peuple n’est pas de droit divin. C’est de l’intelligence, de la sagesse. Cette science est donc partagée par tout dans le monde. Yitro, le symbole du converti, apporte donc avec lui des conseils sensés, qui permettront à Moshé de mieux diriger.
D’ailleurs le peuple juif a connu plusieurs formes de gouvernement tout au long de son histoire. Nous avons des juges, des anciens, des prophètes, des rois,... aujourd’hui nous avons une assemblée élue, qui choisit un premier ministre.
Le mode de gouvernement, n’est pas une vérité absolue, tout dépend des circonstances. D’ailleurs, précise le Rav Sacks, même lorsque la Torah demande de “mettre sur nous un roi”, le verset nous dit : “Et tu diras, je veux mettre un roi au dessus de moi, comme TOUS LES PEUPLES qui m’entourent” (Devarim 17,15). La Torah fait référence aux peuples non-juifs, à propos du Roi. On peut donc apprendre des autres nations sur ce sujet aussi. On peut gouverner en s’inspirant des autres nations.
Mais alors, quelle est la spécificité du peuple juif ? C’est la seconde partie de la paracha. Nous sommes la nation dont les lois sont divines. “...IL [D.] dit Ses lois à Israel, IL n’a pas fait de même pour toutes les nations” (Psaume 147, 19-20).
Quel que soit le mode de gouvernement, il sera contraint par La Loi, qui représente La Vérité divine. Seul D. peut diriger de façon absolue. Les hommes, en revanche, doivent composer pour diriger, et se soumettre à la loi.


La paracha nous demande ainsi d’être “un peuple de prêtres” (Chemot 19,6). Le Rav Sacks explique que tout citoyen peut devenir “saint”. Il rapporte l’explication de Rashi et du Rachbam : un peuple de prêtres, c’est un peuple de dirigeants. Il rapporte aussi le Ramban et Ibn Ezra pour qui  un peuple de prêtres, c’est un peuple de serviteurs.


Le Rav Sacks explique donc que le peuple juif est une nation de dirigeants-serviteurs. L’Alliance avec D. au Sinaï nous force à être responsable

Bechala’h 5785

«Voici, Je me tiens, devant toi, là bas, sur le rocher, à ‘Horev, tu frapperas dans le rocher … » CHEMOT (17,6).

Après la sortie d’Egypte, nous vivons cette semaine la traversée de la Mer des Joncs.

C'est dans la Paracha Bechala'h que Pharaon regrette d'avoir laissé sortir les Bné Israel d'Egypte. Il les poursuit donc avec son armée, jusqu'à la Mer des Joncs. La mer s'ouvre, les Bné Israel passent à pieds secs, les égyptiens les suivent et sont engloutis. Ils chantent la Chira « Az yachir Moshé ». La fin de la paracha présente la manne qui tombe chaque jour de la semaine, sauf le chabbat.

A la fin de la paracha, le peuple demande de l’eau, et D. s’adresse à Moshé, comment il doit faire pour donner de l’eau aux Bné Israel (verset en entête).

Ce matin, avec un ami, nous avons étudié le Mi’htav MeEliahou, volume 2, Paracha Bechala’h. C’est jeudi, fin de matinée, on sent déjà l’odeur du chabbat.
Le Mi’htav MeEliahou rapporte le Yalqout Chimoni sur le verset en entête :

“Voici, Je me tiens, devant toi, là bas, sur le rocher, à ‘Horev … D. dit à Moshé dans chaque endroit où tu trouves les traces des pieds des hommes, c’est là bas que Je suis”

Le Mi’htav MeEliahou explique que “les pieds des hommes” symbolisent les bas fonds de son niveau spirituel. L’homme peut tomber. Chacun a un niveau dans lequel il se trouve face au choix de fauter. Chaque homme fait des fautes qu’il ne considère plus comme des fautes, tellement sa nature a changé. Le Yalqout Chimoni nous dit que c’est là que D. se trouve. C’est à ce niveau. Même lorsque l’on est tombé très bas, et que l’on continue à tomber, D. est là… on peut se reprendre, on peut se relever.
L’homme est toujours libre, et peut remonter même lorsqu’il pense toucher le fond.

L’homme peut être désespéré, parce qu’il ne parvient pas à remonter la pente. Il peut lever ses yeux au Ciel, et demander : “si seulement D. se dévoilait un peu plus, alors c’est sûr, je serais meilleur !” Le Mi’htav MeEliahou nous dit que c’est une grave erreur.
On peut voir des miracles, et cela peut nous laisser de marbre. Inversement, on peut ouvrir les yeux sur des évènements naturels, et découvrir la Main de D.
 

D. a endurci le coeur de Pharaon suite aux miracles auxquels il a assistés. Ainsi, Pharaon a gardé son libre arbitre. Et c’est lui qui lancera la poursuite pour rattraper les Bné Israel. Les miracles ne l’ont pas changé.

De même les Bné Israel traverseront la Mer, ils recevront la Torah, La Révélation. Malgré tous les miracles, ils fauteront, ils se révolteront !

Cela ne sert donc à rien de dire, si seulement, on voyait quelques miracles….

Bo 5785

«Moshé étendit sa main sur les cieux ; il y eut une profonde obscurité sur tout le pays d’Egypte durant 3 jours» CHEMOT (10,22).
Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt !


La paracha BO nous raconte les trois dernières plaies (les sauterelles, l’obscurité et la mort des premiers nés) ainsi, que la suite logique, la sortie d’Egypte.
C'est aussi dans cette paracha la première fois où les Bné Israel, en tant que peuple, reçoivent des commandements divins (Mitswot).
Et quel est le 1er commandement que le peuple reçoit ? La sanctification du mois.

Les témoins qui ont vu la nouvelle lune, viendront témoigner, et le tribunal sanctifiera le mois. Cette nouvelle lune, m’a fait penser au proverbe qui serait d’origine chinoise : Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt !


Parfois quand on s’intéresse à un événement, on ne verra que son aspect superficiel. Et cela éclipse la cause profonde, à laquelle on oubliera de s’intéresser.


Le Mi’htav MeEliahou, volume 2, Paracha Bo, nous raconte l’histoire d’un jeune qui arrive dans une ville pour étudier la Torah. On lui demande, pourquoi tu es venu ici ? Il répond, parce que j’ai pris le train, et que je suis descendu à cette gare.


Au lieu de se focaliser sur la cause profonde : “Je suis venu pour étudier la Torah dans la Yechiva de la ville”, il va répondre en précisant des causes de circonstances, par opposition aux causes profondes.
On peut passer sa vie à ne s’intéresser qu’à des causes superficielles, mais en fait, il faut creuser, chercher la cause première. C’est ainsi, que l’on se rapproche de D.
Si l’on demande d’où vient l’obscurité qui a frappé l’Egypte (verset en entête), on pourrait répondre : D. a envoyé des nuages très sombres. On pourrait parler d’une éclipse énorme…

Mais ce ne sont que des causes circonstancielles. Nos sages ne veulent pas que l’on regarde le doigt. Ils veulent que l’on regarde la lune.

Dans le midrach Raba, sur Bo, on répond à la question d’où vient l’obscurité : Rabbi Yehouda dit que c’est l’obscurité d’en haut. Rabbi Ne’hemia dit que c’est l’obscurité de l’abyme.

Le Mi’htav MeEliahou nous explique ce midrach. Rabbi Yehouda nous dit que c’est l'obscurité d’en haut. L’homme est un être créé avec un début et une fin. Il n’est pas éternel. L’homme est un être manquant, par essence. C’est cela l’obscurité. Le Mi’htav MeEliahou rapporte le Maharal pour nous faire approcher de cette obscurité qui est en fait une absence. L’homme est coupé de D., c’est cela l’obscurité.


Le Mi’htav MeEliahou commente ensuite l’obscurité de l’abyme (Rabbi Ne’hemia). C’est le manque qui naît par un comportement vicié. C’est un manque de perfection dans nos actions. On se coupe ainsi de D.

Vaera 5785


«Le coeur de Pharaon s’endurcit et il ne les a pas écoutés, comme D. avait dit.» CHEMOT (7,13).


La paracha de la semaine expose le début du processus de la libération des Bné Israel d’Egypte.
Ainsi, dans Vaera nous trouvons les sept premières plaies (sur 10) qui ont frappé les Egyptiens, avant la fin de l’esclavage des Bné Israel.


Tout au long de la paracha, nous remarquons que la Torah insiste sur le coeur de Pharaon qui s’endurcit. Pour les 5 premières plaies, c’est Pharaon qui endurcit son coeur. Puis ce sera D. qui endurcira son coeur. Cela pose bien évidemment des questions sur le libre arbitre auxquelles de nombreux commentateurs ont répondu.

Je vais tenter de m'intéresser à cet organe, le coeur. La Torah nous dit que le coeur de Pharaon est devenu dur, et c’est pour cela qu’après chaque plaie, il refuse de libérer les Bné Israel. Cela veut donc dire que si Pharaon avait eu le coeur tendre il aurait laissé partir les Bné Israel. Mais peut-on imaginer que par pitié (le coeur tendre) Pharaon aurait libéré les Bné Israel ?
On voit bien que le coeur ne peut pas être considéré ici comme un symbole de sentiments. Si Pharaon refuse de libérer les Bné Israel, c’est une décision bien réfléchie. Et dans la paracha Bo, quand il renverra les Bné Israel, ce ne sera pas de la pitié, mais juste un arbitrage.


Le coeur de Pharaon, c’est donc l’intelligence. Lorsque nos maîtres nous parlent de coeur, cela signifie le lieu de résidence de l'intelligence.
En 5782, dans le commentaire sur la paracha Vayakhel,
https://limud.net/content/vayakhel-5782-chabbat-chekalim
j’avais expliqué que le coeur est considéré comme le centre de l’intelligence.

Lorsque le coeur de Pharaon s’endurcit, cela signifie que son cerveau devient rigide. Il a une idée en tête, il ne peut pas s’en défaire. Il ne veut pas perdre ses esclaves.
L’intelligence, c’est la capacité d’adaptation. Pharaon s’entête. Son coeur qui s’endurcit signifie qu’il ne veut pas changer d’avis. Il est persuadé d’avoir raison, il ne peutvdonc pas changer d’avis.

La Torah nous dit :
«Le coeur de Pharaon s’endurcit et il ne les a pas écoutés, comme D. avait dit.» CHEMOT (7,13).
Ensuite, on a :
“D. dit à Moshé : le coeur de Pharaon est lourd [kaved], il refuse de renvoyer le peuple” (Chemot 7,14).
Pharaon raisonne donc lourdement. Il a une inertie. Il ne veut pas changer. Kaved, c’est “lourd” mais c’est aussi “le foie”.

Le foie est probablement l’organe le plus lourd du corps humain.

Chemot 5785

“Ce fut, dans ces jours-là, Moshé grandit ; il alla parmi ses frères et vit leurs souffrances. Il vit un Égyptien qui frappait un Hébreu, un de ses frères. Il se tourna de côté et d'autre, il vit qu’il n’y avait pas d’homme, il frappa l'Égyptien et l'ensevelit dans le sable.“
 (Chemot 2, 11-12 )


Nous commençons cette semaine le livre de Chemot, l’Exode. Les Bné Israel sont en Egypte et sont devenus des esclaves.

Bien que ce soit Yossef qui fut à l'origine de la prospérité de l’Egypte, le nouveau Pharaon, va faire comme si on ne doit rien aux Bné Israel. Aucune reconnaissance. Avant Yossef, l’Egyptien haïssait déjà l’étranger, il représentait une abomination, on ne doit pas partager un repas avec un descendant d’Israel…
L’épisode de Yossef est donc vu comme un accident de l’histoire. Chassez le naturel et il revient au galop ! C’est une honte d’exprimer de la reconnaissance envers quelqu’un que l’on considère comme un sous-homme. Pharaon préfère faire comme si on ne doit rien aux enfants d’Israel. Les persécutions peuvent commencer.

C’est dans notre paracha que nous faisons la rencontre de Moshé, notre Maître.

Le Meche’h ‘Ho’hma, dans son introduction au livre Chemot, nous précise la dimension de la prophétie de Moshé.

Il explique que si l’on croit un prophète parce qu’il accomplit des miracles, alors cette croyance n’est pas parfaite. On ne peut pas faire dépendre la foi de miracles. La foi, c’est bien plus profond. Malgré tout, la Torah m’a demandé de croire en un tel prophète (à certaines conditions). La Prophétie de Moshé n’est pas de cet ordre. Tout le peuple a vu / compris que D. parlait à Moshé en face en face. Nous croirons donc en sa prophétie éternellement.

Pourquoi à Moshé a-t-il été choisi ?

Je serai loin d’être exhaustif dans le début de réponse formulé.

La Torah nous dit que “Moshé grandit” (Chemot 2, 11 - verset en entête). Rav Shimshon Rafael Hirsch nous rappelle les caractéristiques d’un prophète. Avant qu’il commence à prophétiser, il doit être fort, sage, riche, … pas de faiblesse (physique ou mentale), ne pas dépendre des autres …. (Guemara Nedarim 38a)

Quand on nous dit que Moshé grandit, la Torah nous explique qu’il a les qualités requises.  Rav Shimshon Rafael Hirsch vient donc préciser que la Torah répond à ceux qui qualifient la prophétie de Moshé d’illusions. Ils traitent le prophète comme un malade mental… Et bien non ! Moshé grandit, il est sain de corps et d’esprit.

Le verset suivant décrit Moshé qui voit l’Egyptien qui frappe l’Hébreu. Moshé regarde de chaque côté. Il voit qu’il n’y a pas d’homme, et il décide de tuer l’Egyptien.
Rav Shimshon Rafael Hirsch souligne que Moshé ne voulait pas être dénoncé. C’est la raison pour laquelle il regarde autour de lui avant de tuer l’Egyptien. Moshé a conscience qu’il faut aider / protéger l’Hébreu qui souffre, mais pas en prenant n’importe quel risque. Moshé réfléchit avant d’agir. Tuer l’Egyptien, ce n’est pas une impulsion, ou un acte d’héroïsme.

Moshé n’est donc pas quelqu’un qui prémédite

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